UNE AUTRE LOGIQUE POUR CONCARNEAU, A BÂBORD TOUTE !

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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 12:23

Voici un communiqué que les élus ont envoyé à la presse après le Conseil municipal de jeudi dernier, on ne sait pas si les journaux le feront paraitre, mais en tout cas il complète la chronique écrite pour Sillages

 

On va nous dire que nous enfonçons toujours le même clou, mais quand on n'a que cela à se mettre sous la dent ! puisqu'aussi bien, à la mairie de Concarneau, il n'est question que de ces projets mirifiques (soutenus mordicus par les socialistes, qui trouvent encore qu'on n'en fait pas assez puisqu'ils demandaient un "casino" comme à Bénodet !!)

 

1° communiqué de presse

 

Quatre heures et demi de conseil municipal pour un seul credo : faire de Concarneau une station touristique haut de gamme au détriment de l'intérêt général de tous les Concarnois.

 

Classement de la ville en label touristique, générosité renouvelée pour l'événementiel de la course nautiqueAG2R, prise en charge par les deniers publics de l'aménagement de  l'espace urbain pour valoriser le complexe immobilier Eiffage des Sables Blancs (1), tennis, nautisme et autres réorganisations du domaine maritime, rien n'est trop beau pour les amis de la caste  des affaires ou de ceux qui se croient en être des émules.


Miser tous les programmes de réalisation sur un seul secteur d'activité est, de plus, une erreur stratégique que les perspectives actuelles ne justifient pas : Concarneau risque un jour de payer le prix fort d’une telle sujétion à ces seuls intérêts.


Ces choix sont à l'opposé des attentes de justice et d'éthique qu'exprime la majorité de la population.

En ce qui nous concerne, c'est à la mobilisation de celle-ci pour le bien commun, que nous voulons travailler

 

 

 

2° chronique pour "Sillages"

 

 

Évident: Concarneau- St Barth, c'est la mise gagnante... pour les amis de l'assureur.

 

Le marqueur dont se vante la majorité municipale est la rigueur de ses choix financiers. Sauf que ... si elle se traduit par l'austérité pour ce qui est socialement solidaire, utile, voire indispensable (abandon de sites scolaires, traques d'économies sur le personnel municipal...), pour d'autres, on ne lésine pas ! Argent et moyens publics sont largement disponibles.

La Concarneau- St Barth fait partie du lot des bénéficiaires: 500000 euros à la louche, toutes collectivités confondues.(2)

 

Et ça rapporte gros... aux donneurs d'ordre de la fiesta. Ag2r la mondiale par exemple, dont le directeur général explique en substance que le retour sur investissement «se situe entre 8 et 13 millions d'euros », et de se réjouir, pour son métier d'assureur, de la «progression spectaculaire de la marque en notoriété ».(Le Télégramme du 21-04)


Nous disons : ce n'est pas à nous, pas à vous, de payer ! 

 

dominique dieterlé- christian colimard

 

 

(1) non contente d'avoir bradé le terrain des Sables Blancs à Eiffage pour un prix largement en deçà de celui du marché, la ville demande maintenant à l'entreprise immobilière de lui revendre ou de lui "échanger" un bout de terrain pour réaliser des aménagements de voirie, pile poil devant le complexe immobilier ( dont on ne croit abseolument pas qu'il créera  50 emplois comme annoncé , vu la minimisation de l'aspect "thalasso" du dit projet). En quelque sorte , ils ont été incapables d'anticiper le fait que le  trottoir n'était pas assez large devant la thalasso, il était encore nécessaire d'enterrer les fils électriques, de réaliser une piste cyclable et autres aménagements censés magnifier l'espace public pour les usagers de ce complexe de luxe, et tout cela à la chaerge des finances publiques, bien évidemmenyt, le coût de réalisation dépassant largement ce que la vente du terrain a rapporté.

 

 

(2) la ville donne cette année 160 000€ ( sans compter la mise à disposition du personnel communal ) , autres donateurs "publics"  le conseil général : 100 000€, le conseil régional : 100 000 €, la ville de St barth  et la CCI

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 21:05

Tribune libre de René, membre du Front de gauche.

 

 

Je voterai Front de Gauche !

Pour tous ceux qui étaient à la Bastille..à Marseille ..à Toulouse.. pour tous ceux qui ont milité dans les assemblées citoyennes ou ailleurs. Pour Mélenchon qui est le seul homme politique de toute ma déjà longue vie ( J’ai connu Vincent Auriol ..non ! ce n’est pas un coureur automobile) qui a su nous faire croire que c’était possible, qui m’a fait monter les larmes aux yeux, notamment à Marseille à propos de la Méditerranée..

Pour le programme, porteur d’espoirs

Pour mon père qui n’aura pas connu cela, dommage !

Pour ma moitié (C’est quand même mieux que « ma meuf ») qui serait triste de me voir découragé.

Pour que ça continue..

Je voterai Front de Gauche !

Et pourtant ce n’est pas un choix si facile. On nous demande de donner nos voix à des candidats, pour la  plupart adhérents au parti communiste , alors que celui-ci nous informe qu’après le 2ème tour des législatives il y aura un débat en son sein pour savoir s’il est adéquat de participer au gouvernement. !!

En fait on ne sait rien des positions que prendront les députés « Front de gauche » après les élections. Je ne vois pas comment ils pourront s’opposer à la politique libérale que l’on nous propose avec un des leurs au gouvernement.

Et participer au gouvernement, dans quel but ? « Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne «   et en échange de quoi ? D’une petite augmentation du smic ? Foin de la constituante ? de la sortie de l’OTAN ? ..Et du reste..

De toute façon je ne peux pas croire que les militants du PC que je connais, puissent, après avoir crié « résistance » et « on ne lâche rien » s’acoquiner avec les libéraux.

Ça ne se fera pas..Mais le doute est là, le ver est dans le fruit..et j’en connais beaucoup qui ont « du bleu à l’âme. »

Et je ne voterai pas PS au 2ème tour !

Le mépris !

On peut ne pas être d’accord, on peut même, à tort sans doute, s’invectiver. Mais le mépris est insupportable. Nous étions plus de 4 millions aux présidentielles, à, pour la plupart d’entre nous, voter Hollande au 2ème tour.

Sans nous et le sacrifice douloureux de nos convictions, la victoire n’était pas possible.

Pour le PS, nous n’existons pas. A témoin, s’il en était besoin, la visite de Tsipras (non ce n’est pas un joueur de foot !) volontairement ignorée par le PS et le gouvernement.

Allez donc voir les positions de Fabius et de Cohn-Bendit au sujet de la révolte grecque qui rejoint la nôtre. Nous n’avons rien à faire avec ces gens-là !

Le PS ne demande qu’une chose : Notre soumission. Et encore nous fait-il comprendre qu’il n’en a pas vraiment besoin, que les français leur donneront de toute façon, quoiqu’ils fassent, une majorité à l’assemblée.



Montrons leur qu’ils ont tort. Que l’on ne veut pas de cette politique là, que l’on ne veut pas de l’austérité pour nous et pour nos enfants, que notre programme est à prendre en compte.

Plus le PS sera affaibli plus nous serons forts. Et s’il y a cohabitation, Hollande pourra toujours dissoudre l’assemblée, et prenant conscience de notre poids électoral, nous traiter avec moins de mépris.

J’en appelle donc à tous ceux qui ont voté contre Sarkozy mais qui ne partagent pas le projet libéral de Hollande, à aller à la pêche au 2ème tour (à moins, bien sûr qu’il y ait un candidat FDG.) Si vous n’aimez pas la pêche…. vous trouverez bien autre chose.

A bientôt..pour le 4ème tour ..dans la rue !

 

René Arveuf

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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 10:34

 

Ceci est une tribune libre. René y donne son avis sur les positions du PS et du FdG, et il y joint un communiqué du PG, à titre d'information pour ABT.

Faire connaitre aux membres d' "à bâbord toute" les positions des partis politiques "de Gauche" me semble une bonne idée.
Donc merci à MARC !
Ci-dessous un Communiqué du Parti de Gauche, qui semble considérer également que le PS est à gauche ! Désolant et surprenant !
J'y reviendrai , mais pour ma part je ne vois pas ce qu'on aurait à gagner avec le pouvoir total au PS. Le PS qui affiche un profond mépris des 4 millions d"électeurs ,qui , ayant voté "front de gauche" au 1er tour , ont voté PS au 2eme.
Pour ma part je ne voterai pas PS  au 2eme tour des législatives. Plus ils seront faibles, plus ils auront besoin de nous, et avec un peu de chance on aura une minorité de blocage.
Et si l'UMP est majoritaire , Hollande pourra toujours dissoudre l'assemblée  ..et nous considérer avec un peu plus d"égard.

 

  René Arveuf

 

COMMUNIQUÉ

 

Histoire d’un échec

Vendredi 18 Mai 2012
  Eric Coquerel

 

La négociation pour trouver un accord sur les circonscriptions dites à “risque FN” a échoué. Nous le regrettons profondément pour avoir été les initiateurs de cette tentative
 
En novembre dernier, le Parti de Gauche a en effet été le premier à proposer cette discussion. Le Parti socialiste l’avait alors refusée au prétexte qu’elle était conditionnée par un engagement à faire partie de la future majorité politique de François Hollande. Nous avons malgré tout ensuite sans cesse renouvelé cette proposition. Nous considérions en effet qu’aucune condition ne se justifiait dans un combat de ce type. Finalement, après que Jean-Luc Mélenchon lui-même a réitéré notre volonté le 24 avril, François Hollande donnait son accord.

Nous doutons aujourd’hui que la direction et les négociateurs du PS aient eu réellement la volonté de le concrétiser avec le Front de Gauche et plus particulièrement le PG. Malgré différentes propositions avancées par le Parti de Gauche, le Parti Socialiste trouvait toujours une bonne raison pour refuser. Et ce malgré une dernière tentative commune du FDG ce mardi qui intégrait la répartition de circonscriptions voulues par le PS. De son côté EELV a surtout essayé de compenser les dissidences socialistes contre leurs candidats par des retraits de candidats du Front de Gauche.
 
Nos efforts auront été vains. Manifestement le PS, avec l’appui d’Europe Ecologie-Les Verts, fait passer sa volonté d’être seul majoritaire à l’assemblée nationale avant toute autre considérant. Il se lance du coup dans des comptes d’apothicaire qui empêchent toute négociation sérieuse avec une force qui, faut-il le rappeler, est la 2ème de la gauche à l’issue des Présidentielles et a permis l’élection de François Hollande. La direction socialiste a tort : en juin prochain il faudra avant tout qu’il y ait plus de députés de gauche que de droite à l’assemblée ce qui suppose que tous les électeurs de gauche aient à coeur de se mobiliser au 2ème tour pour le candidat de gauche le mieux placé. Le bouclier anti-droites que nous proposions était une bonne solution pour cela. C’est une occasion ratée.
 
Malgré tout, le Parti de Gauche sait faire prévaloir l’intérêt général dès lors que le risque FN est trop fort. C’est pourquoi nous avons décidé de montrer que le rassemblement à gauche était possible en nous retirant unilatéralement de deux circonscriptions particulièrement critiques : la 1ère de l’Aube et la 7ème de Moselle. Nous faisons ce geste sans aucune contrepartie, comme notre appel à battre Nicolas Sarkozy entre les deux tours. Partout ailleurs, soit dans 103 circonscriptions, nos candidats et candidates partiront de façon autonome sous les couleurs du Front de Gauche.   

Eric Coquerel, Secrétaire national du Parti de Gauche en charge des relations unitaires

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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 09:41

 

Il est trop facile de mélanger plusieurs facettes de la réalité sociale et politique et d'en tirer des jugements globaux et tranchés (voir les commentaires à l'article précédent). Si nous en avions le temps, nous pourrions faire une analyse du mouvement écologiste avec une telle indistinction des points de vue, et nous pourrions en tirer des conclusions peu convaincantes. Il y a, dans ce mouvement, une telle variété de positionnements politiques, que ceux qui en sont adhérents devraient d'abord essayer de voir clair dans leur propre parti plutôt que de chercher à agiter toujours les mêmes chiffons « rouges » dans les autres camps de la gauche, le camp privilégié étant en l'occurrence celui du PCF et de la formation élargie à laquelle il participe.

En effet, il me semble malhonnête de mettre sur le même plan divers ordres de la réalité comme :

  • l'histoire politique du PCF et de ses choix stratégiques

  • quelques actions douteuses initiées par des responsables locaux du PCF, à plusieurs époques de l'histoire de France

  • les discours de quelques responsables nationaux du PCF, à diverses époques

  • des citations de certains responsables du PC soviétique, avec une préférence pour la période stalinienne

  • l'action des militants du PCF d'hier et d'aujourd'hui

  • etc...

        Quand arrêtera-t-on de caricaturer ainsi tout ce qui émane du PCF ?

 

Il existe des travaux d'historiens qui ont fait la part des choses, concernant ce parti. On peut critiquer bien des choix politiques et idéologiques du PC qui ont accompagné l'histoire du 20ème siècle. On peut regretter un manque de clairvoyance interne, une absence de remise en cause fondamentale de certains choix stratégiques, une absence de changement fondamental dans la structure hiérarchique du parti, un refus de changer le nom même du parti, comme l'ont fait plusieurs partis européens...Mais au fait, ce qu'on exige, jusqu'à la caricature, du PCF, les autres partis, en France, l'ont-ils fait pour eux-mêmes ?

 

Il reste, au-delà de ces critiques unidirectionnelles, que le PCF est un parti de gauche qui porte en lui les idées d'égalité et de défense des opprimés, qui regroupe des militants issus des classes laborieuses, lesquels s'engagent avec sincérité dans bien des actions de proximité, avec une conviction que l'on aimerait trouver dans d'autres partis de gauche. Ces militants ne font jamais défaut quand les enjeux politiques réclament des actions à la hauteur de ces enjeux... Et ces militants, loin des débats idéologiques qui agitent les sphères intellectuelles à propos de la légitimité de certains positionnements plus ou moins anciens de la direction nationale de leur parti, sont directement touchés dans leur sensibilité politique et humaine quand ces débats en arrivent à invectiver tout ce qui émane de leur parti.

 

Alors, il serait temps de cesser de faire toujours les mêmes remarques désobligeantes et insultantes pour les militants, en usant de simplifications et d'anachronismes qui ne sont pas à l'honneur de ceux qui font ces raccourcis, dussent-ils se cacher derrière un « humour » pour le moins caustique.

 

Pour en revenir au mouvement des écologistes, on pourrait aussi faire l'historique politique de ce mouvement qui, partant de constats et d'idées essentiels à une compréhension et à un projet d'actions nécessaires pour l'avenir de l'humanité, de la biodiversité et de la planète, s'est très souvent fourvoyé dans des stratégies politiques contestables. Mais il me semble peu constructif de chercher des citations ou des actions politiques douteuses de la part de ceux qui se réclamaient de ce mouvement, pour abreuver leurs sites internet de remarques désagréables. Et je ne remets pas en cause la sincérité de ses militants de base.

 

A bon entendeur, salut !

 

Jacques Ménochet

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Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 08:41

A Babord toute est une association de personnes d'une vraie gauche.

En cette période d'élection (de changement ?) il est nécessaire que certaines contributions majeures soient diffusées et débattues. C'est pourquoi je mets en ligne ce texte qui nous vient de Jean-Pierre Guyon.

Marc

 

Rapport d’Olivier Dartigolles - Conseil National du PCF du 11 mai 2012

 

Rassembler pour assurer et garantir une politique de changement à gauche

 

L’élection de François Hollande à la présidence de la République ouvre une nouvelle période politique et représente un espoir. A l’annonce du résultat, ce qui a été le plus fortement ressenti, c’est un soulagement, la fin d’une tension qui était devenue insupportable, après cinq années dont il ne faudra jamais oublier – pour ne pas avoir à le revivre - combien elles furent, pour notre pays et notre peuple, pour l’image de la France dans le monde, une période des plus sombres.

Par sa brutalité, son mépris, par la dureté des coups portés au monde du travail, par des régressions sociales et démocratiques d’un niveau rarement atteint dans l’histoire de notre République, par un véritable acharnement à diviser, à blesser, à stigmatiser, par un climat de haine et de suspicion qui a si durement mis à mal nos belles valeurs républicaines, par un abaissement moral dont l’entre deux tour de l’élection présidentielle a donné une ultime et sidérante illustration, le Sarkozysme a défiguré notre pays. Sans la moindre condition, il fallait s’en débarrasser.

Cela a été possible et réalisé par une dynamique de rassemblement à gauche. Dès dimanche soir, la bataille politique et idéologique portant sur l’analyse et l’interprétation des résultats a été lancée. Il en a été de même après le premier tour.

Il ne faut pas la sous estimer car elle conditionne, pour partie, le climat dans lequel s’engage la campagne des législatives. Face aux opérations d’enfumage, qui consistent notamment à contester l’ancrage à gauche des préoccupations et des attentes d’une majorité des électrices et des électeurs, il nous faut répondre en répétant une chose simple, incontestable à la lecture des résultats et des enquêtes post-électorales : sans le Front de gauche, sans l’émergence d’une force politique nouvelle, unitaire, indépendante et autonome, sans les 4 millions de suffrages obtenus par notre candidat commun, Jean-Luc Mélenchon, sans la magnifique campagne marquée par une irruption citoyenne et populaire qui a été très largement reconnue comme l’événement marquant de cette élection présidentielle, sans les propositions de notre programme, l’Humain d’abord – mot d’ordre que le peuple de la Bastille dimanche soir a accroché à son coeur pour fêter la victoire -, sans notre engagement clair et déterminé entre les deux tours, nous serions aujourd’hui à attendre la composition du premier gouvernement du second quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il faut aussi rendre hommage au mouvement social, aux syndicalistes, aux militants du mouvement associatif, qui ont participé, souvent avec beaucoup de courage, à la mobilisation pour résister pendant cinq longues années et gagner.

 

Dès dimanche soir, Pierre Laurent a exprimé la joie des communistes qui ont combattu sans relâche Nicolas Sarkozy, sa majorité et sa politique et qui ont œuvré de toutes leurs forces à la victoire du 6 mai. Le Parti communiste souhaite, dans l’intérêt de nos concitoyens et pour que se lève une espérance à l’échelle de l’Europe, la réussite d’une majorité de gauche face à la crise, pour en sortir, face à l’urgence sociale, pour une amélioration concrète des conditions de vie.

Si l’antisarkozysme a été le premier moteur de l’élection de François Hollande, c’est que notre peuple, avec une majorité nette et une forte participation, ne pouvait en supporter davantage. Le vote du premier comme du second tour est d’abord un vote de sanction de la politique ultralibérale, antisociale et autoritaire menée au cours des cinq dernières années. Jusqu’au dernier jour, avec la publication au Journal officiel du décret de mise en place de la TVA antisociale et de celui relatif à l’évaluation des enseignants, la majorité de droite aura accompli une bien sale besogne, qui avait pour objectif de régler définitivement son compte à notre modèle social. Les forces progressistes ne sont pas simplement aujourd’hui appelées, dans des conditions historiques bien différentes à celle de 1981 ou 1997, à un travail de reconstruction – il faudra le faire – mais bel et bien à des responsabilités et des exigences pour un nouvel élan, un projet de société répondant à une puissante aspiration au changement dans un contexte où les basculements, les mutations et les transformations sont d’une telle ampleur qu’il faut faire du neuf et pas du recyclage.

Cette introduction à nos travaux sera essentiellement consacrée aux prochaines élections législatives. Pour en préciser le niveau d’ambition, l’orientation que nous souhaitons lui donner dans le cadre d’une campagne nationale animée avec nos partenaires du Front de gauche, pour décider d’une feuille de route et des objectifs politiques que nous nous fixons, il convient de bien partir de la réalité d’un nouveau rapport de force politique issu de l’expression du suffrage universel tout en mesurant combien l’évolution de la situation à l’échelle européenne va, de nouveau, peser très fortement. Un nouveau paysage national et européen. En allant à l’essentiel, quelle analyse peut-on faire du vote du 6 mai ? La victoire de François Hollande est nette mais il n’y a pas eu d’effondrement de la droite, avec, au final, un score aussi serré qu’en 1981. Entre les deux tours, Nicolas Sarkozy a gagné plus de

7 millions de voix. Depuis l’élection de 2007, le paysage électoral et politique a été profondément bouleversé. Durant cette période, pas moins de quatre nouvelles forces politiques sont nées avec l’ambition affichée de changer le rapport des citoyens à la politique : le Modem, le NPA, EELV et le Front de gauche.

Aujourd’hui, au lendemain de l’élection présidentielle de 2012, il est nécessaire d’approfondir nos analyses. Je vous présente ici un rapide point d’étape sur quelques éléments marquants de l’état du paysage politique et électoral en abordant la participation électorale, le rapport droite-gauche et le Front de gauche.

Alors que les législatives de 2007, les municipales de 2008, les cantonales de 2008 et 2011, les européennes de 2009 et les régionales de 2010, ont été marquées par les pires taux de participation de la Ve République, le 1er tour de l’élection présidentielle de 2012, sans atteindre le record de 2007, affiche une participation supérieure à celle de 2002 et de 1995. Ce résultat est d’autant plus remarquable que les médias dominants avaient annoncé un nouveau record d’abstention suite à une campagne électorale qu’ils avaient jugée décevante pour une majorité d’électrices et d’électeurs. Si nos concitoyens continuent à plébisciter le scrutin présidentiel alors que pour toutes les autres élections l’abstention ne cesse de croître, c’est probablement parce qu’ils pensent, à tort ou à raison, que seule cette élection leur permet de peser sur les choix politiques majeurs de leur pays. En rassemblant au 1er tour 43,75% des exprimés - +7,31 par rapport à 2007 - , la gauche atteint son plus haut score depuis 1988, alors que la droite -hors FN- plafonne à 38,1% -, soit moins 15% sur 2007 - ce qui la remet à son niveau de 2002. Depuis les législatives de 2007, d’élection en élection, à l’exception des Européennes de 2009, la droite est en recul.

Dans le total de la gauche, le PS représente 65,44% des voix de gauche contre 71% en 2007. A l’inverse, le Front de gauche pèse pour 25,37% du total de la gauche, alors qu’en 2007, le PCF ne représentait que 5,3% des voix de gauche. La dynamique acquise par la gauche au 1er tour vient effectivement du Front gauche, qui s’affirme comme le moteur pour toute la gauche.

Dans le prolongement du rapport présenté au lendemain du premier tour, notons qu’avec 11,1% des exprimés – 11,3% en métropole – le Front de gauche est à un score intermédiaire entre celui du PCF en 1995 (8,64%) et celui de 1981 (15,35%). Si la géographie des zones de force du Front de gauche correspond globalement à la carte du vote communiste, on observe des percées spectaculaires dans le Sud Ouest, en Alsace, à Paris où Jean-Luc Mélenchon dépasse le score de Georges Marchais en 1981. Selon les sondages, entre 17% et 21% des 18/24 ans, de 19% à 21% des ouvriers, de 12% à 16% des professions intermédiaires, de 12% à 15% des cadres, 21% des habitants en HLM auraient voté Front de gauche. Ces données ne peuvent que nous encourager à nous fixer de belles ambitions aux législatives, tant en termes de progressions de notre pourcentage qu’en nombre d’élus.

Il nous faut être très attentif au processus de recomposition politique en cours.

Un mot sur l’extrême droitisation de la droite. La séquence située entre le 22 avril et le 6 mai, cette course derrière le Front national jusqu’à le dépasser dans l’ignominie, n’est pas qu’un simple calcul électoral. Non, c’est un choix, une orientation bien réfléchie pour une grande partie de la classe dirigeante de la droite, comme c’est le cas dans de nombreux pays européens. Ce qui n’est pas sans provoquer un débat et des remous au sein même de cette droite. Cette orientation très droitière consiste à profiter de la crise, à créer un état de choc, de sidération, où l’écrasante majorité de celles et ceux qui sont les victimes de la crise sont si fortement brutalisés qu’ils sont les otages d’une rhétorique ultralibérale, autoritaire et populiste, bien rodée. Sortons des schémas datés qui présentent le vote FN comme un vote de colère. Certes, il peut être l’expression d’un ras le bol, la manière de pousser un cri, « je crie, mais personne ne m’entend » exprime cet oublié de la démocratie dans le livre de François Miquet-Marty dont la lecture permet de mieux comprendre les mutations à l’oeuvre. Reste que l’adhésion aux idées du FN dans l’opinion publique n’a jamais été aussi élevée. Sommes-nous confrontés à une droitisation de la société ? Non, tant le désir de gauche, le souhait d’issue par la gauche, se sont exprimés par le vote à la présidentielle. Mais des idées de droite continuent à peser, à progresser dans cette même société.

Une actualité européenne brulante

 

Passons aux dimensions européennes.

Les milieux dirigeants européens avaient inscrit depuis longtemps la date du 6 mai, second tour de l’élection présidentielle dans notre pays et scrutin législatif en Grèce, sur leur agenda.

En France, celui qui était, aux cotés de la chancelière allemande, le principal artisan du nouveau traité budgétaire et du mécanisme européen de stabilité, est sanctionné par un peuple qui a placé les questions du pouvoir d’achat, des salaires, de l’emploi, en tête des préoccupations qui ont le plus fortement motivé le vote. A Athènes, le refus des politiques d’austérité vient de faire exploser le système politique avec une défaite spectaculaire des partis membres de la « coalition d’union nationale », notamment Nouvelle Démocratie et Pasok. L’évènement de ces élections est la fantastique progression des forces de la gauche « anti-austérité », et tout particulièrement de la coalition « Syriza », le Front de gauche grec, menée par Alexis Tsipras, qui devient la seconde force politique du pays et la première à gauche. Au nom du Parti de la gauche européenne, des communistes, Pierre Laurent a salué chaleureusement ce résultat obtenu par une offensive politique sur deux terrains : d’abord celui d’une opposition totale aux mémorandums, puis à un appel à l’unité de gauche, à son rassemblement pour construire une alternative, avec des propositions précises, pour se libérer de l’emprise des banques et marchés financiers, pour réorienter la construction européenne avec une feuille de route que nous partageons avec Syriza et Alexis Tsipras, vice-président du PGE. Malgré toutes les attaques contre la démocratie et le désespoir qui peuvent conduire au vote d’extrême droite, le message politique envoyé par le peuple grec est un véritable coup de tonnerre dans le ciel européen. Le journal l’Humanité vient de relancer la pétition de solidarité avec la résistance du peuple grec. En septembre, avec le PGE, nous engagerons la grande campagne autour de la pétition citoyenne européenne.

Avant le somment européen de la fin juin, nous tiendrons à Paris un grand évènement de solidarité franco-grec organisé par le PGE et le Front de gauche avec la participation de notre camarade Alexis Tsipras.

Il faut se préparer à une actualité européenne des plus brûlantes. Depuis une dizaine de jours, les déclarations des principaux dirigeants européens se succèdent, en cascade, non sans arrières pensées, dans une sorte de concours d’éloquence sur le thème de la croissance. La convocation d’une réunion informelle des chefs d’États et de gouvernements à Bruxelles dès le 23 mai prochain, un mois avant le sommet européen des 28 et 29 juin, est le signe d’une accélération du calendrier. Les grandes manoeuvres sont engagées. Il faut s’y préparer.

Pour aller à l’essentiel, mais ce sujet mériterait un approfondissement de notre analyse, les plans d’austérité n’ont rien réglé et de nouveau la situation est explosive avec des risques de très fortes turbulences pour la zone euro et toute l’Union européenne. Pour tous, y compris le « modèle allemand », présenté il y a six mois encore comme l’exemple à suivre, personne n’est à l’abri d’un sérieux décrochage.

Pour le deuxième trimestre consécutif, c’est le risque de récession pour Berlin. Dans un récent rapport, l’Organisation internationale du travail (OIT) alerte sur l’urgence qu’il y a de sortir du piège de l’austérité, symbolisé par le pacte « Merkozy », en s’engageant dans une stratégie de croissance et d’emploi. Sans changement de politique économique ni des critères du crédit, l’injection par la BCE dans le système bancaire européen d’un total proche de 1000 milliards d’euros de liquidités a pu, un temps, calmer les marchés et la spéculation, mais sans rien bouger aux logiques d’austérité. Cette situation absolument catastrophique se développe sur fond de récession européenne. Huit économies, dont sept en zone euro, se trouvent désormais en « récession technique » (deux trimestres successifs de croissance négative du PIB) : La Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande, les Pays- Bas, le Portugal et le Royaume-Uni. Les menaces d’une récession généralisée s’intensifient en Europe, seule région du monde à connaître une telle situation. Voilà ce qui oblige les dirigeants européens à réagir et qui explique le débat qui vient de s’ouvrir sur la croissance. N’est-il pas opportun dans un tel contexte, de prendre appui sur ce débat, tout en ne nourrissant aucune illusion particulière, pour ouvrir une brèche, notamment sur les missions de la BCE, avec la logique de briser la spirale austérité-récession. Cette question m’amène à passer à la présentation de nos objectifs politiques pour les prochaines élections législatives.

Nos objectifs politiques pour les élections législatives des 10 et 17 juin En prolongeant et en amplifiant la dynamique du Front de gauche à l’élection présidentielle, nous engageons la bataille des législatives avec une belle ambition : une progression de notre influence, franchir une nouvelle étape dans la marche en avant du Front de gauche, avec la réélection de nos sortants et des conquêtes assurant un groupe parlementaire renforcé dont aura besoin toute la gauche.

Préparons-nous à une bataille difficile dans un temps extrêmement court, dans un mois, c’est le premier tour. En fait, il s’agit de travailler dans deux directions, inutile de se disperser : il faut remobiliser nos électeurs après la présidentielle, renouer le fil et le contact avec eux, et gagner des électrices et des électeurs de gauche qui ont voté F. Hollande au second tour et qui veulent assurer et garantir une politique de changement à gauche avec le bulletin Front de gauche. Nous bénéficions d’un bon résultat à l’élection présidentielle avec près de 4 millions de suffrages. Sans oublier qu’un tiers des électeurs de François Hollande ont voulu assurer le coup, sensibilisés à l’argument du PS leur proposant de placer le futur président en tète des candidats du premier tour. Ils ont assuré dans les enquêtes post-électorales qu’ils auraient pu voter pour le Front de gauche. Bref, tout en mobilisant nos électrices et nos électeurs du 22 avril, nous disposons d’un espace politique bien plus large encore. La bataille sera rude. Avec une droite qui disputera la partie, avec un Front National menaçant. A gauche, le PS jouera à fond la carte consistant à donner au président les moyens de gouverner, après avoir d’ici le 17 juin pris des décrets symbolisant un changement de politique. Quels sont nos objectifs pour les prochaines élections législatives et pour la période qui s’engage ? Nous allons proposer des marqueurs clairs pour une vraie politique à gauche de changement. Il faut de très nombreux députés qui n’aient pas la moindre hésitation pour abroger les lois scélérates du quinquennat Sarkozy et des dix dernières années de droite au pouvoir. De très nombreux députés favorables au relèvement significatif du SMIC et des salaires, au retour à la retraite à 60 ans à taux plein pour tous, à la relance de l’emploi industriel et les services publics.

Nous voulons réussir le changement à gauche. Nous voulons donner du sens à la gauche. Nous voulons faire évoluer le rapport de force au sein de la gauche pour permettre de véritables ruptures. Nous voulons qu’une prochaine majorité de gauche à l’Assemblée nationale adopte des lois portant sur les urgences sociales, écologiques et démocratiques. Notre rapport au futur gouvernement de gauche et à sa future majorité parlementaire est simple : nous voulons obtenir des résultats pour une amélioration des conditions de vie. C’est aussi ce que demandent les organisations syndicales, comme en témoigne l’appel des syndicats enseignants qui demandent au nouveau président une « réelle rupture » et ce dès la rentrée 2012.

L’enjeu des prochaines semaines et de l’élection législative de juin consiste à laisser grande ouverte la porte du changement. A ne pas accepter un horizon rabougri. A tout faire pour qu’émergent, dans une démarche prenant appui sur le mouvement syndical et associatif, dans un processus dont le moteur doit rester l’intervention populaire et citoyenne, les solutions pour une sortie de crise.

Pour les législatives, nous proposons une campagne nationale du Front de gauche avec une coordination nationale de la campagne, du matériel national en compléments des outils de communication élaborés à l’échelle des circonscriptions.

La gravité de la crise et la possibilité d’une autre politique, une politique qui transforme et permet de vivre mieux, provoquent encore beaucoup de doute et de perplexité. Il n’y aura pas d’état de grâce mais un état de gravité. Est-il possible de faire autrement ? Avec quels moyens financiers, démocratiques, avec quelle politique européenne ? C’est à cela, dans le prolongement de la campagne d’éducation populaire menée lors de la présidentielle, qu’il nous faut répondre. Par des idées, des propositions, des solutions portées par le Front de gauche. Le Front de gauche a joué un rôle décisif dans l’élection de François Hollande, nous proposons aujourd’hui d’en faire de même pour aider la gauche toute entière à assurer et à réussir le changement.

Nous avons les grands axes de propositions de notre programme « L’humain d’abord », il faut poursuivre et amplifier la mobilisation et l’engagement militant pour élargir l’audience et l’adhésion à notre programme. Donnons des traductions concrètes à ce programme en termes de propositions de loi que défendront les députés de gauche, du Front de gauche, dans la prochaine assemblée. Donnons nos priorités sur les six prochains mois. Nous bénéficions du travail réalisé par le groupe des député-e-s communistes, républicains, citoyens et Parti de gauche tout au long de la dernière législature. Un document de synthèse présente les propositions alternatives en une dizaine de fiches : emploi, salaire, pouvoir d’achat ; sécurité sociale, retraites ; finances publiques ; environnement, énergie ; industrie, agriculture ; droits, justice, sécurité ; institutions ; union européenne, international, défense ; éducation, culture ; logement. Localement, mettons sur la table les dossiers chauds.

Dans les Bouches-du-Rhône, Pierre Darhéville a écrit au Président de la République en évoquant les dossiers les plus brulants de son territoire (Fralib et la SNCM jusqu’au Grand Conseil de la Mutualité et aux Roms).

Au delà de nos batailles locales, qu’ils nous faut mettre en perspectives avec les grands axes de notre programme « L’Humain d’abord », il nous faut rentrer très précisément dans le débat sur le niveau d’ambition à gauche. Sans rien lâcher sur notre projet de société, soyons présents sur tous les terrains, y compris sur celui qui consiste à réagir aux propositions, aux premières décisions du nouveau Président de la République.

 

Les questions emploi et salaire

Je parlais de marqueurs pour une vraie politique de gauche. N’ayons pas la crainte d’entrer très précisément dans un débat de contenus qui pourrait laisser croire que nous retombons dans des schémas de type gauche plurielle avec la volonté de peser sur le PS. Non, la question se situe à un autre niveau. Des millions de gens attendent des améliorations de leurs conditions d’existence, pour eux, leur enfant. Ils veulent ne plus craindre l’avenir. Ils seront donc attentifs aux premières décisions du nouveau président de la République et de sa première équipe gouvernementale. Prenons deux illustrations : sur la politique européenne, et sur les questions d’emploi et de salaires.

En fin de campagne, le candidat Hollande a déclaré que "l’austérité ne peut pas être une fatalité", en allant même jusqu’à déclarer qu’il œuvrerait pour la "réorientation de l’Europe pour l’emploi, pour la croissance, pour l’avenir". Cette « renégociation » du traité ne viserait pas à mettre en cause le contenu actuel du projet de traité, mais chercherait à le « compléter » par un volet sur la « croissance ». Nous connaissons les lignes du débat avec l’Allemagne, la commission européenne et de la BCE qui ne veulent pas toucher aux missions de la BCE et refusent que soit levées les politiques d’austérité, ne parlant de politique de croissance que pour plus de « compétitivité », de « flexibilité » et de réduction des dépenses publiques. Dans un contexte où les choses s’accélèrent, comment peut-on marquer des points, obtenir des avancées ? Ne peut-on pas faire oeuvre utile en aidant à faire lever les contradictions dont est porteuse aujourd’hui la ligne Hollande ? Il y a une illusion qu’il faut aider à lever : celle qui consiste à prétendre que l’on peut faire de la croissance au niveau de l’ensemble de la zone euro, tout en continuant de mettre en œuvre dans chaque pays pris isolément les orientations du pacte européen de stabilité financière et sans s’attaquer à la tutelle des marchés financiers et aux exigences de rentabilité financière contre l’emploi et la croissance réelle, alors que, pour réussir, des projets communs européens devraient être articulés avec des objectifs chiffrés et concertés de créations d’emplois. Il en va de même si l’on veut tenir sur une ambition écologique et de transition énergétique. Mais le plus grand enjeu concerne la BCE, la création monétaire et le crédit. Nous proposons d’engager le débat là-dessus sans attendre. C’est nécessaire pour aider à diffuser plus largement nos propositions, pour réagir sur le mandat de « renégociation » du Traité par F. Hollande. Et cela préparerait d’ailleurs un futur référendum, qui est pour nous un impératif démocratique, sur le traité budgétaire. Prenons maintenant les questions emploi et salaires.

François Hollande a donné un premier rendez-vous aux syndicats et au patronat à la mi-juillet pour une conférence nationale pour la croissance et l’emploi. Il s’agira de discuter des « priorités » du quinquennat. Au cours de la campagne, le nouveau président s’est prononcé pour la suppression de la TVA sociale, un « coup de pouce » au SMIC, une augmentation de l’allocation de rentrée scolaire, le blocage des prix des carburants pendant trois mois, même si M. Sapin, chargé du projet présidentiel pendant la campagne, a dit que ce blocage n’était pas opportun en l’état actuel des choses en raison de l’amorce d’une baisse des prix à la pompe, l’encadrement des loyers, une tarification progressive de l’eau de l’électricité et du gaz.

Avec le Front de gauche, nous pouvons pousser à partir de cela en prenant appui sur les luttes dans les entreprises et sur la demande d’une forte revalorisation du SMIC, sans couper ce débat des questions relatives à l’emploi et à la formation. Il ne s’agit pas de s’en tenir à un simple relèvement du SMIC, puisque l’on propose une revalorisation de tous les salaires dans le cadre d’une conférence sur les salaires et l’emploi que F. Hollande lui-même a évoquée.

Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a atteint 2,8 millions fin mars en métropole (3,1 millions pour la France entière). Au total, avec ceux exerçant une activité réduite, la France compte 4,5 millions de demandeurs d’emploi (+6% en un an).

Le nouveau gouvernement, il faut bien mesurer cela, va être très rapidement confronté à la conjoncture avec la menace d’une récession, y compris en France, la poursuite de l’aggravation du chômage, notamment chez les jeunes et les seniors, et le risque d’une explosion des licenciements après plusieurs mois de demande de rétention des « plans sociaux » par Sarkozy pour cause de campagne électorale.

Dans l’immédiat des problèmes très importants vont ressurgir sur les dossiers prétendument « réglés » ou laissés en souffrance par Sarkozy : Lejaby, Fralib, Pétroplus, SNCM, Arcelor... sans parler des gros dossiers sectoriels comme celui de l’industrie automobile ou celui de la construction navale.

Le nouveau président a proposé : des contrats de génération avec baisse des cotisations sociales patronales, des contrats d’avenir « pour faciliter l’insertion des jeunes dans l’emploi(,,) en priorité dans les quartiers populaires », 60 000 emplois dans l’éducation nationale, mais à budget constant, c’est à dire au prix de la suppression de 60 000 emplois ailleurs dans les services publics, la mise en place de « la sécurisation des parcours professionnels » , mais avec « le financement de la formation concentré sur les publics les plus fragiles, les moins formés et les chômeurs », ce qui paraît très restrictif, un « coup d’arrêt à la procédure de RGPP et à l’application mécanique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux » et lancement, dés 2012, d’un « cycle de concertation syndicale avec les organisations de la fonction publique ».

Là encore, on peut s’inscrire dans une bataille constructive avec notre programme, nos propositions de loi, je pense par exemple, puisqu’il est beaucoup question des jeunes, à la proposition de loi cadre, déposée en décembre dernier par Marie-George Buffet, visant à permettre aux jeunes de prendre en main leur avenir, ou encore à la sécurisation des parcours professionnels ; à un droit de veto suspensif des CE et des délégués du personnel sur les décisions de suppression d’emplois des patrons et un droit de contre-proposition ; à l’interdiction des « licenciements boursiers », particulièrement si l’entreprise qui licencie verse aussi des dividendes.

Nous avons de quoi dire.

Il est indispensable d’avancer sur l’idée de la concertation syndicale sur la fonction publique, les services publics, leurs missions au service de toute la population en mettant en avant la nécessité de faire progresser l’emploi public et pas seulement dans l’éducation nationale.

La réforme fiscale et financière est, sans doute, l’un des enjeux les plus cruciaux et celui sur lequel les désaccords avec F. Hollande sont les plus nombreux.

Nous pouvons, sur ce chantier particulièrement, nous inscrire dans une confrontation là encore positive de propositions pour faire gagner en cohérence et en efficacité les dispositions qui seront adoptées afin d’être à la hauteur des attentes populaires et des défis de la crise. On peut mettre en avant les exigences exprimées dans la tribune des économistes, soutien du Front de gauche ayant appelé à voter au second tour pour F. Hollande.

« On compte sur vous »...

Quand des personnes nous disent « on compte sur vous » – nous l’avons souvent entendu – ils expriment bien des choses. On compte sur vous, les communistes, le Front de gauche, pour continuer à nous donner de l’espoir. On compte sur vous pour continuer à faire du neuf à gauche et en politique avec le Front de gauche. On compte sur vous, aussi, pour prendre vos responsabilités dans la nouvelle période qui s’ouvre. Ils nous disent aussi « ne nous laissez pas tomber ».

Tout cela nous place devant de grandes responsabilités. Il faut à la fois ne pas décevoir et n’alimenter aucune illusion qui pourrait très vite se retourner contre nous.

Notre ambition est la mise en oeuvre du programme l’Humain d’abord tout en étant présents, disponibles, sous la forme dont décideront les communistes lors d’une conférence nationale après le second tour des élections législatives, pour aider à tout ce qui pourra aller dans la bonne direction. De la composition de la future majorité de gauche à l’Assemblée nationale dépendra la qualité des lois qui y seront votées.

Tout au long de sa campagne, François Hollande n’a cessé de répéter qu’il ne changera pas son programme. Mais le nouveau président est aujourd’hui face à un désir de vrai changement progressiste. Il devra en tenir compte d’une manière ou d’une autre.

Un groupe du Front de gauche largement renforcé, en lien avec les mobilisations populaires, les luttes, les assemblées citoyennes, sera un atout déterminant. Nous visons la réélection de tous les sortants communistes, apparentés, PG et FASE, et l’augmentation de ce nombre en plaçant le candidat

Front de gauche en tête de la gauche dans plusieurs dizaines de circonscriptions.

Dans certaines de ces circonscriptions où le danger de triangulaire menace la gauche, nous faisons la proposition de conduire le combat au nom de toute la gauche.

Concernant le danger FN aux prochaines législatives, nous sommes en discussion avec le PS et les Verts à propos d’une quarantaine de circonscriptions où le risque est réel d’une élimination de la gauche au premier tour. Nous serions souvent dans ces circonscriptions devant un choix tragique entre le candidat de droite et celui de la droite extrême. Nous cherchons donc à aboutir à un accord au cours de ce week-end. Nous avons la responsabilité commune de ne pas priver l’électorat de gauche de la présence d’un candidat de l’une des formations de gauche. Au cours de l’élection présidentielle, nous nous sommes sentis bien seuls dans ce combat contre le FN. C’est pourquoi, en faisant respecter la place de chaque formation, nous sommes prêts bien évidemment à prendre toutes nos responsabilités. Nos valeurs et nos combats nous placent en première ligne de cet affrontement.

Concernant Jean-Luc Mélenchon, notre candidat commun à l’élection présidentielle, sa présence dans la bataille des législatives participera à la dynamique politique et collective. Plusieurs possibilités ont été examinées, en relation à nos fédérations. C’est le cas de Hénin-Beaumont où la gauche a rassemblé 60% des voix le 6 mai, une gauche qui a besoin de faire du neuf, mais où

la présence de Marine Le Pen et de sa propagande, relayée un peu trop complaisamment encore, prétend s’approprier le vote ouvrier. Consultés par le secrétaire national du Parti, Pierre Laurent, les camarades de la circonscription et notre candidat Hervé Poly estiment que cette candidature permettrait de relever le défi pour la gauche dans le cadre d’une campagne où les questions sociales seront très présentes.

Faire réussir la gauche

Nous sommes candidats à faire réussir la gauche, donc à dire ce que nous croyons juste et ce qui ne va pas, à le dire avec les citoyennes et les citoyens, car la gauche ne saurait gouverner sans le peuple. Prenez le pouvoir, c’est d’autant plus d’actualité que Sarkozy est parti. Notre engagement lors de l’élection présidentielle a été clair et il a été entendu : nous ne participerons pas à un gouvernement qui n’aurait pas sur sa feuille de route une rupture avec les politiques d’austérité, une alternative de progrès aux logiques inscrites dans le nouveau traité budgétaire européen qui conduisent à l’échec. Le nouveau traité n’est pas seulement une impasse tragique pour l’Union européenne, il est aussi une camisole de force qui ne permettrait pas la mise en oeuvre d’une véritable politique de gauche à l’échelle de notre pays. Sitôt passé le deuxième tour des élections législatives, nous aurons tout de suite à évaluer la nouvelle situation politique et les nouveaux rapports de forces politiques, à évaluer aussi de l’évolution des choses autour du traité budgétaire européen, à décider de notre positionnement et de nos initiatives dans ce contexte ; nous aurons également à répondre à la question d’une éventuelle participation au nouveau gouvernement que François Hollande et le premier ministre composeront au lendemain des élections législatives.

Nous avons décidé, vous le savez, lors du dernier Conseil National, de consulter les communistes et d’organiser sur cette question une Conférence Nationale ; il est évident que cette consultation devra se tenir dans des délais très rapides, au tout début de la semaine qui suivra le deuxième tour . Le processus pourrait donc être le suivant : le Conseil National se réunira dès le lundi 18 juin au matin, de 9h30 à 13heures : il discutera et adoptera en fin de matinée une courte résolution précisant notre orientation et les premières initiatives de notre parti dans la situation politique nouvelle : cette résolution comportera une proposition précise sur la question de la participation de notre parti au gouvernement. Cette résolution adoptée sera envoyée aux fédérations dès 13heures : les fédérations organiseront sur leur territoire, le lundi 18 et le mardi 19, des assemblées générales de communistes et des conseils départementaux pour en discuter.

La conférence Nationale se réunira le mercredi 20 de 10h à 16h 30, et pourrait être suivie d’un meeting militant.

La conférence Nationale, pour rappel, est composée des membres du CN, des parlementaires (dont nous espérons qu’ils seront particulièrement nombreux à l’issue des législatives) et de délégués des fédérations désignés par les conseils départementaux. Une répartition des délégués, avec leur nombre par fédération, sera envoyée dans les tous prochains jours ; les Conseils départementaux pour tenir compte des délais très courts et pour des raisons pratiques évidentes, sont invités à les désigner avant le 18 juin pour pouvoir organiser dans les meilleures conditions possibles cette conférence.

 

Après les élections législatives, il nous faudra établir le bilan de la séquence électorale tout en réfléchissant à la manière de donner un nouvel élan au Front de gauche, une nouvelle feuille de route avec des objectifs précis, un haut niveau d’ambition tant sur les contenus de nos batailles politiques que sur notre conception du rassemblement, des mobilisations. Une chose est sûre, nous avons tout à gagner à ne pas nous fixer des plafonds, des limites. Tout à gagner à ne pas renvoyer à plus tard ce qui doit nous mobiliser dès à présent. Tout à gagner « à aller à l’idéal et de comprendre le réel », selon la belle formule de Jaurès. Tout à gagner pour les élections législatives du mois prochain en étant les plus rassembleurs pour assurer et garantir à la gauche les moyens de réussir le changement.

A toutes et tous, bonne campagne

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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 18:24

voici la chonique rédigée par les élus d'ABT , suite à une demande du journal Ouest France  pour avoir notre réaction au vote d'hier ( il fallait faire court !). Mais si certains veulent développer ....

 

 

"le vote du 6 mai est une sanction sans appel de la logique libérale, anti-sociale, anti-égalitaire, et de sa dépendance aux seuls profits de la finance. L'opposition à la droite a su se mobiliser : c'est un signe fort qui n'est pas un simple alignement derrière le parti du président. Au delà de ce que le vote exprime comme dynamique de changement, nous voyons l'occasion de proposer au pays une transformation politique pour un autre modèle social. la mobilisation doit rester plus forte que jamais et soutenir aux législatives les valeurs qui sont les nôtres depuis le début de notre action municipale .

Les choses sérieuses commencent dès aujourd'hui. On ne lâche rien !"

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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 15:19

Pour aller dans le sens des articles précédents, et essayer de convaincre ceux qui doutent encore de l'attitude à adopter demain dimanche, je vous invite à lire l'éditorial de l'hebdomadaire "Politis". Faisant cela, je ne fais qu'exprimer mes convictions, et ne prétends pas parler au nom d'ABT.

Jacques Ménochet

 

 

"Avouons-le : en d’autres temps, face à un candidat de centre-droit, un Bayrou mou par exemple, le vote Hollande ne serait peut-être pas évident pour toute la gauche. On pourrait même ressortir de sa naphtaline le fameux « bonnet blanc et blanc bonnet », cher jadis au communiste Jacques Duclos. On se souvient que l’heureuse formule avait été popularisée en 1969 pour railler le titanesque affrontement Poher (le Méhaignerie de l’époque)-Pompidou. Une eau tiède coulait sur la France convalescente de Mai 68. On en serait au même point aujourd’hui si l’un des deux protagonistes n’était pas Nicolas Sarkozy.

Car, disons-le tout de suite, rien dans le discours de François Hollande ne nous laisse espérer une rupture avec la politique libérale qui mène l’Europe à la faillite. Rien ne nous permet de croire que le chômage, qui vient d’atteindre le chiffre record de 4,3 millions, va cesser d’augmenter. Pas même des mesures sans aucun doute utiles, comme la création de 60 000 postes dans l’Éducation nationale, ou le « contrat de génération ».

La crise est si profondément systémique que c’est bien le système qu’il faudrait remettre en cause. À tel point que le mot « crise », qui suggère que tout cela n’est qu’un mauvais moment à passer, n’est d’ailleurs plus très pertinent. C’est un autre rapport social qu’il faut inventer, qui torde le coup au mythe de la croissance, et repose sérieusement la question du temps de travail  [1].

Nous n’avons donc pas besoin d’être déniaisés. Ni d’entendre les prédictions des Cassandre qui au premier conflit social avec le président « de gauche » nous lanceront un vengeur : « On vous l’avait bien dit. » Nous n’avons oublié ni le tournant libéral de 1983, ni la campagne de Mitterrand en faveur de Maastricht, en 1992, ni la ratification du traité d’Amsterdam par Lionel Jospin en 1997, ni l’abstention socialiste qui a permis l’adoption du traité de Lisbonne contre une majorité de Français en 2008. Mais le vote de dimanche prochain revêt un caractère tout à fait dramatique. Nous l’avons dit cent fois dans ce journal, et nous le démontrons cette semaine encore (voir l’article de Michel Soudais en page 6), la figure politique qu’incarne Nicolas Sarkozy se situe à la marge de la démocratie. L’homme est un aventurier capable de tous les coups tordus pour garder le pouvoir.

Honte d’ailleurs aux Raffarin et autres Kosciusko-Morizet, qui ne sont pas de ce bois-là, mais font campagne à ses côtés. Car, Sarkozy représente aujourd’hui la mainmise idéologique du Front national sur la droite française. Il a emprunté aux Le Pen et à la tradition de l’extrême droite la sordide technique du bouc émissaire. Il faut être frappé d’une étrange cécité pour ne pas voir la différence entre ce discours-là et celui de François Hollande. Sans même parler du projet social. À moins d’aborder la question avec la légèreté d’un jeu intellectuel, ou avec la posture d’un Narcisse, enivré de sa propre singularité. À moins encore d’être un adepte de la politique du pire, en espérant ainsi stimuler l’esprit de révolte chez des contemporains jugés assoupis.

Non, décidément, l’heure est trop grave pour céder à la pose. Car il y a bien plus que des relents de pétainisme dans le discours de Sarkozy. Croire que ce n’est là que tactique électorale, c’est sous-estimer le péril. Le cynisme du candidat-président n’explique pas tout. Le ministère de l’Identité nationale (à l’époque, nous avions nous-mêmes affiché le portrait de Pétain en une de Politis), le discours de Grenoble, en août 2010, stigmatisant les Roms, les meetings d’avant-premier tour exaltant la haine des syndicats, des corps intermédiaires, et un mépris pour la justice, tout cela, c’était avant le score de Marine Le Pen. L’hostilité à l’encontre des fonctionnaires « privilégiés » et des chômeurs « fainéants », aussi. Depuis, Sarkozy a ajouté son appel à une sulfureuse manifestation antisyndicale pour ce 1er mai, qui contient tous les ferments d’affrontements futurs. Il y a du février 1934 dans cette initiative. Rester sur son Aventin alors que l’occasion nous est donnée d’en finir avec ce personnage n’est pas, selon nous, une position défendable.

Bien entendu, il existe une objection que l’on doit entendre : Sarkozy lui-même ne vient pas de nulle part. La capitulation historique de la gauche social-démocrate devant la finance, dès le début des années 1980, n’est pas pour rien dans l’apparition de cette figure politique au cœur même de la droite parlementaire. Mais nul ne peut plus ignorer aujourd’hui ce que signifierait un deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy pour notre société tout entière et pour le mouvement social. C’est donc la responsabilité de chacun de tourner la page."

 

Denis Sieffert

 

[1]  Il faut lire, sur ce sujet notamment, le petit livre de Pierre Larrouturou C’est plus grave que ce qu’on vous dit… mais on peut s’en sortir !, Nova éditions, 3 euros.

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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 18:02

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Soirée

PROJECTION - DEBAT

L'AN 01

 

Un film de Gébé et Jacques Doillon – 1972 -90 min – noir et blanc

 

 

On arrête tout, on réfléchit, et c'est pas triste. Ce slogan contestataire raye l'année 1973 du calendrier pour la remplacer par l'an 01. Au panier, le travail et la propriété privée ! Une nouvelle vie commence en France : on cultive des poireaux sur les trottoirs des villes, les supermarchés deviennent des musées hilarants...

Bref, c'est la démobilisation générale. De quoi faire rêver et réfléchir en pleine période électorale...

Avec la participation de Cabu, Coluche, G. Depardieu, Gotlib, J.Higelin, Miou-Miou...

 

 

LUNDI 30 AVRIL - 20h30

QUIMPER

Halles Saint François

Prix libre

Projection organisée par le STAF – CNT

 

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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 16:29

Cet article émane de l'UFAL, l'Union des Familles Laïques. Nombreux sont, parmi nous, ceux qui peuvent se retrouver dans les arguments développés dans ce texte.

Jacques M

 

 

"En 2007, l’UFAL avait fait un communiqué pour mettre en garde contre le risque de régression sociale que portait le candidat Sarkozy. L’histoire lui a malheureusement donné raison. Tant et si bien que de nombreuses organisations syndicales et associatives 1ont appelé cette année à faire battre Sarkozy, certaines avant même le premier tour, la plupart n’ayant jamais pris position jusqu’alors lors d’une échéance électorale.

Alors qu’il s’était fait le chantre des “valeurs républicaines”, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse, pendant 5 ans, d’attaquer la République dans ses principes (laïcité, École publique, acquis du CNR), dans son indépendance (ralliement à l’OTAN), et dans sa souveraineté (traité de Lisbonne). Aujourd’hui, il court après les voix du FN et divise, plus que jamais, les français, en opposant les “vrais” travailleurs aux “assistés”, les salariés du privé à ceux du public, les non syndiqués aux syndiqués. Tout cela est très inquiétant. Les 5 dernières années n’auront été qu’une longue succession de régressions sociales pour les citoyens et leurs familles, et gageons qu’ils sortiront encore plus exsangues de 5 années supplémentaires de sarkozysme : la cure d’austérité que Sarkozy appelle de ses vœux fragilisera encore davantage les plus précaires et creusera encore plus les inégalités.

Si une association familiale n’a pas à afficher une préférence partisane, il est de notre responsabilité citoyenne d’alerter nos adhérents et nos sympathisants sur les menaces qui pèsent sur nos vies et notre société. Vouloir tourner la page du sarkozysme, ce n’est en aucun cas donner un chèque en blanc et encore moins soutenir une autre candidature. Nous considérons simplement que c’est un préalable nécessaire à toute idée de progrès pour que la France retrouve le chemin de la République sociale et laïque.

Comme aucun des programmes en concurrence ne nous permet d’être rassurés en ce qui concerne la défense de la laïcité, l’école publique, la politique fiscale, la redistribution des richesses ou la lutte contre le néo-libéralisme, quel que soit l’élu au soir du 6 mai, l’UFAL restera résolument engagée dans le mouvement social et familial pour défendre les intérêts des citoyens et leurs familles et reprendre le chemin de la République sociale et laïque.

  1. la CGT, SOS Racisme, l’UNEF, le Snes-FSU, la LDH, le CLR, l’Inter-LGBT, ATTAC, Solidaires, etc []"

par l'UFAL
Union des FAmilles laïques
http://www.ufal.org

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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 22:47

 

Ceci est une tribune libre, qui n'engage que moi...

 

Le bulletin de vote, pour moi, est un des outils de stratégie politique pour les citoyens. Il ne faut pas en attendre la réalisation possible d'une autre politique. Mais il ne faut surtout pas le négliger. Il permet de réaliser éventuellement une étape, sachant que les autres étapes seront à construire progressivement, à tous les niveaux de la société. Il n'y a pas de morale politique en jeu dans l'utilisation d'un bulletin de vote. Il faut être conscient qu'en le mettant dans l'urne, on peut exprimer quelque chose, ou user d'une stratégie politique pour commencer à obtenir quelque chose. Chaque bulletin de vote déposé dans l'urne ne peut être comptabilisé comme une manifestation de soutien à un programme ou de confiance à un homme ou une femme. Il peut contribuer à l'expression d'une espérance ou d'une exaspération, ou d'un refus, ou d'un coup de gueule...

Cela vaut pour l'ensemble des bulletins de vote répartis ce dernier dimanche dans les urnes.

Quant au deuxième tour, et aux valeurs que nous défendons, à ABT et ailleurs, j'utiliserai le bulletin de vote disponible en face de celui de Sarkozy. En cela, je suis en accord complet avec Mélenchon. Il faut être logique. Depuis 5 ans, Sarkozy monte les citoyens du pays les uns contre les autres, attisant la haine, créant des boucs émissaires... De plus, il contribue à construire une idéologie répugnante, qui se permet de remettre en cause les leçons de l'histoire de France et d'ailleurs. Jusqu'à aujourd'hui où il décide d'organiser une fête du « vrai travail » le 1er mai à venir, faisant ainsi insulte aux syndicats et aux travailleurs qui ont obtenu, par la lutte, cette fête symbolique. Cela fait 5 ans que l'on doit subir ce discours révoltant qui fait du travail le résultat de l'effort et du mérite, dont seraient privés ceux qui ne veulent pas participer à ces valeurs, alors que l'on sait que le système économique capitaliste fait tout pour exclure du travail un nombre croissant de citoyens, jouant la concurrence, l'exclusion, l'inégalité.

Il faut participer massivement aux manifestations du 1er mai pour étouffer cette provocation supplémentaire, et voter tout aussi massivement le 6 mai pour « dégager » Sarkozy, comme disait Poutou.

 

Jacques Ménochet

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