2 septembre - CA de l'hôpital

Publié le par ababordtoute

Après des déclarations un peu surprenantes des syndicats dans la presse ( OF du 27 août) au sujet de l'inutilité , et même de la nocivité, du processus de blocage du CA de l'Hôpital Concarneau - Quimper, nous avons demandé à un membre du comité de défense, syndicaliste à SUD, d'apporter son point de vue sur ces déclarations.
Il ne s'agit pas de polémiquer inutilement, ni d'attaquer les autres syndicats , nous avons besoin de toutes nos forces dans cette bataille, mais de comprendre les enjeux en présence , ceci ne préjugeant d'ailleurs pas de la position finale du Comité de défense à ce sujet.

L'appréciation livrée ici est une "tribune libre" , et le collectif "à bâbord toute!" a également, en tant que tel, son indépendance totale vis à vis du Comité , tout en y participant activement .

Les syndicats CGT et CFDT du CH de Cornouaille ont fait une conférence de presse sur les urgences de nuit à Concarneau ... pour exiger que le conseil d'administration puisse se tenir le 8 septembre comme le veulent le directeur de l'hôpital (sur le départ pour une promotion qu'il a bien mérité du ministère après ses initiatives de fermeture des urgences) et le maire de Quimper, Bernard Poignant.

Etonnant de voir des syndicats intervenir ainsi. Nous pensions que la défense des services publics passait avant tout. Nous pensions également (naïvement ?) que les syndicats étaient indépendants de la hiérarchie et du pouvoir politique. Pourtant, nous relevons que les arguments avancés par ces syndicats sont en tous points identiques à ceux de deux conseillers municipaux de la majorité municipale quimpéroise, membres du CA du CHIC, qui ont eux aussi publié un communiqué de presse après le blocage du dernier CA, début juillet...
Sur le fond des arguments, il est clair que la blocage du CA est gênant mais ni dramatique, ni définitif. De plus, rappelons que le projet de loi de Roselyne Bachelot va supprimer les CA dans les hôpitaux d'ici quelques mois.

Les deux syndicats affirment que le blocage du CA empêche l'hôpital d'avoir son autonomie puisqu'un administrateur extérieur serait nommé. C'est bien sur un contresens total. Si les hôpitaux avaient de l'autonomie, cela se saurait depuis longtemps. En effet, les budgets des hôpitaux sont basés sur l'activité (administrateur provisoire ou pas). C'est la fameuse T2A, la tarification à l'activité. Donc, les recettes ne changeraient pas (malheureusement d'ailleurs, puisque l'hôpital manque de moyens pour embaucher et titulariser les agents nécessaires à son bon fonctionnement).

Lors de la conférence de presse, il a été également annoncé le blocage du plan de carrière des agents. C'est là aussi faux (et un brin manipulateur). La carrière des agents est liée à une structure qui se nomme les commissions paritaires. Si un hôpital ne peux tenir les siennes, ce qui serait le cas si le blocage du CA se poursuit, c'est la DASS qui prend le relais. Il n'y a aucun danger en la matière. Les partisans de la réouverture des urgences ne voudraient pas se mettre à dos bien sur les personnels. Ce serait contre productif.

Le seul dommage collatéral qui pourrait arriver, c'est une menace pour le plan de carrière du directeur confronté à cette situation. Mais celui du CHIC part juste à propos. Alors ...

Les syndicats CGT et CFDT auraient pu essayer de rencontrer le comité de défense pour échanger sur le maintien ou non du blocage du CA du CHIC. Cette intervention dans la presse est surprenante et joue contre notre camp à tous : celui de la défense des services publics de proximité.

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