CR de la réunion Centre de santé du 6 octobre 2014

Publié le par ABABORDTOUTE

 

Excusé : Jacques MENOCHET, souffrant

Présents : Stéphane ANGIBEAUD (EELV), Martine ARVEUF, René ARVEUF, Christian COLLIMARD, Luc de BAILLIENCOURT, Hélène DERRIEN, Madeleine HOSTIOU, Marianne JAN, Claude JUILLÈRE, Marie France GOUSSÉ, Philippe LAPORTE, Jean Louis PASCAL, Jean Loup THERY,

Claude DROUGLAZET arrive en cours de réunion.

 

En introduction, la contribution de Jacques :

Avant le CR proprement dit, Jacques propose quelques éléments sur la situation de la santé à Concarneau. A ce propos, il est dommage que n'apparaisse pas dans le CR la présentation faite par Hélène de la démographie médicale finistérienne.

Autre remarque : il est sans doute plus judicieux et efficace de prévoir des petits sous-groupes de travail, à deux ou trois, pour éviter les doublons, et pour enrichir la recherche.

Il y a plusieurs approches complémentaires de la situation des offres de soins :

1) les services offerts par les structures hospitalières

2) les services émanant des personnels de santé hors hôpital

 

1) Les ARS gèrent l'organisation des offres de soins sur une région. La région Bretagne est divisée en 8 « territoires de santé ». Concarneau fait partie du territoire 2, Quimper/Concarneau/Douarnenez/Pont-L'Abbé. Pour simplifier, un territoire de santé a pour pôle prioritaire un hôpital central. Si on veut suivre la tendance qui est à l'économie dans tous les secteurs de la fonction publique, les autres hôpitaux d'un territoire donné vont être des satellites de l'hôpital central, et on va tenter de réduire les services qu'ils proposent.

Mais certains parmi nous sont des membres actifs du soutien à l'hôpital de CC et pourront toujours apporter des éclairages concrets sur l'évolution de l'hôpital.

 

2) La situation des personnels libéraux :

En France, on peut comptabiliser le nombre d'habitants par médecin (ou l'inverse), et en tirer des éléments statistiques qui situent un territoire donné par rapport à une moyenne. La Bretagne paraît globalement assez bien pourvue, surtout la côte sud, les Côtes d'Armor étant moins bien loties. En 2012 on a établi un « classement » des départements selon le nombre d'habitants par généraliste en exercice. Le Finistère arrive en tête des départements bretons, avec 988 habitants par généraliste, la moyenne nationale étant d'environ 1000 habitants par généraliste. Le département le mieux pourvu en France a un médecin pour 703 habitants, et le moins bien pourvu 1343 habitants par généraliste. A Concarneau on a 21 médecins généralistes (dont 3 à l'hôpital) pour 19000 habitants, ce qui fait un médecin pour 904 habitants. De même, il y a une vingtaine de spécialistes sur Concarneau, sans compter les consultations à l'hôpital (médecins venant de Quimper). On peut aussi comptabiliser 8 dentistes, 26 infirmiers au moins, 26 kinés, etc...

Bref, nous sommes loin de la notion de « désert médical ». Pourtant il y a des problèmes.

a) le vieillissement de la population, ce phénomène naturel étant aggravé par une politique de logement non attractive pour les jeunes. Alors, la population globale est affrontée à des problèmes de santé qui augmentent chaque année, et elle consulte de plus en plus au fil des ans.

b) le vieillissement des médecins, la majorité étant à moins de 10 ans de la retraite.

c) l'inadaptation d'une offre de médecine libérale et pratiquée de manière individuelle. Il est assez consternant de constater qu'à Concarneau chaque médecin a un cabinet individuel. Il n'y a pas de cabinet collectif, qui permettrait un service plus souple aux patients, avec des horaires alternés.

L'exercice de cette médecine libérale individuelle empêche le plus souvent la prise en compte de l'aspect « prévention » et le dialogue autour de la santé. On a du mal à obtenir un rdv, et le médecin attend de nous une description de symptômes, et le patient prend l'habitude de n'attendre qu'une prescription de médicaments.

Cette situation déresponsabilise médecins et patients. Les citoyens ne se sentent pas en position de prendre en main leur santé.

d) L'obligation de payer au praticien l'intégralité de la consultation

e) et bien sûr la difficulté grandissante d'accès aux services hospitaliers, et en particulier aux services d'urgence.

 

Le compte rendu rédigé par Philippe :

Après un rapide tour de table, les deux nouveaux participants se présentent :

Jean Loup THERY est médecin, ancien directeur des Centres de santé de la ville de Paris, actuellement directeur du CDAS de Concarneau,

Luc de BAILLIENCOURT est médecin en retraite,

Stéphane ANGIBEAUD est adhérent à Europe Ecologie-Les Verts (EELV) mais il vient à titre personnel.

La réunion est animée par René et Philippe assure le secrétariat.

René fait un rappel de ce qui s′ est déjà dit lors de la réunion précédente.

Un travail fait par Hélène sur la démographie médicale bretonne et finistérienne est présenté.

Christian se demande si l′ on doit se cantonner à l′ observation de la baisse du nombre de médecins ou changer de paradigme : passer d′ une médecine libérale à une gestion de la santé solidaire.

Luc fait remarquer que travailler en centre de santé et y consulter, c′est créer un groupement d′ individus qui s′ auto gèrent.

Martine pense que l′on doit considérer les deux faces du problème : gérer la pénurie et changer de méthode .

Jean Loup nous fait une présentation globale de la philosophie qui sous-tend le concept de centre de santé (CS). Si le CS n′ est qu′ une réponse à la baisse de la démographie médicale, on ne répond pas à la totalité des questions.

La santé, c′ est 10% de soin et 90% de mode de vie . Si les gens ne sont pas en bonne santé, c′ est qu′ ils ont des difficultés à accéder aux soins, ce n′ est ni un phénomène social ou culturel mais la résultante d′ une détérioration des moyens mis à la disposition du côté prévention et éducation de la santé publique.

Un CS ne peut fonctionner correctement que si c′ est une émanation d′ une volonté de la population.

Il rappelle les méthodes de fonctionnement d′ un CS, les soignants sont salariés de l′ organisme gestionnaire ; le CS assure le tiers payant intégral grâce à des conventions passées avec les mutuelles. L′ équilibre financier d′un CS n′ est actuellement pas garanti surtout vu la diminution des dotations de l′Etat. Le seul appel à la générosité ne suffit pas toujours à équilibrer les comptes.

Une des seules solutions est la diminution de la rémunération des médecins. Il faut qu′ elle ne dépasse pas 40% de la consultation.

Un CS ne doit pas se cantonner à faire de la médecine : il faut chercher des budgets pour faire de la prévention, de l ′éducation et de la formation. Ces budgets existent, mais ce travail nécessite un investissement fort des gestionnaires et des bénévoles.

Un CS devrait être géré par une équipe qui comporte des représentants des utilisateurs. Ses interlocuteurs principaux sont les mutuelles, la sécurité sociale mais aussi les politiques.

Les municipalités, qui ne se considèrent majoritairement pas comme dépositaires de la santé publique, ont des réticences à prendre en charge les coûts d′ un CS.

Par contre, elle peuvent prendre en charge le coût immobilier du projet.

Les demandes des jeunes médecins ont changé. Le modèle du médecin de campagne, disponible jour et nuit et se déplaçant jusqu′ au fin fond des campagnes, tend à disparaître. La nouvelle génération veut travailler en centre urbain, en équipe, en liaison avec un hôpital et pas plus de 40h. Elle se féminise rapidement : 65% des médecins généralistes formés ces dernières années sont des femmes.

A Concarneau, il n′y a pas de jeunes médecins.

Luc trouve que ce constat prouve qu′ il y a un créneau pour se lancer.

Claude est intéressé par le concept de CS. A Gagny, il y avait un dispensaire qui assurait toutes les fonctions d′un CS.

Par contre, il pense qu′ il faut que le projet prenne bien en compte l′ hôpital de Concarneau et ne concoure pas à le fragiliser encore plus. Il y a actuellement un mouvement de jeunes spécialistes (ophtalmologie , rhumatologie, ORL...) qui désirent faire des consultations à l′ hôpital. Cela, en augmentant le flot de patient conforte également les urgences. Il ne faudrait pas que le CS vienne interrompre cette " renaissance ".

Pour Luc, le concept de CS étant basé sur la générosité, il est évident qu′ il prendra en compte ces considérations.

Marianne nous apprend que les urgentistes concarnois sont pour le maintien des urgences mais adossée à un CS à l′ intérieur de l′ hôpital.

Jean Loup nous brosse un tableau de l′ avenir de la santé publique. Le vieillissement de la population et la pénurie de médecins vont durcir l′ accès au soin. La solution pour l′Etat sera de renforcer le maintien à domicile. Pour les généralistes qui, comme nous l′ avons dit, s′installent prioritairement en centre urbain, la distance avec les patients va augmenter.

René rappelle que nous n′en sommes pas tout à fait au départ et qu′il va falloir se décider sur la suite des opérations.

Martine suggère qu′ il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs et qu′avant de décider de faire venir un intervenant, il faut solidifier le groupe et, pour cela, se donner le temps et les moyens de la communication.

René pense au contraire que le fait qu′ une personne compétente et engagée dans le mouvement CS intervienne peut concourir à intéresser la population. Il faudrait peut-être que nous fassions un courrier individuel aux élus, aux associations.

Contrairement à Claude qui souhaite que le projet émane de la population, René est persuadé que, si on attend que la population se mobilise, on ne va rien faire. Il faut qu′ une avant garde avance et prépare les grandes lignes du projet.

Hélène ne voit pas une association capable de monter un tel projet.

Stéphane identifie bien la nécessités d′ un CS vu le contexte national et local ; il reste pragmatique : on doit arriver à répondre au besoin médical pour commencer.

Il confirme qu′ il ne vient pas au nom d′ EELV mais qu′il fera un retour de cette réunion à son organisation.

 

Un consensus s′ établit en fin de réunion sur la nécessité d′ une réunion publique annoncée dans la presse. Pour cela il faut trouver une salle : soit au CAC soit au Stérenn de Trégunc. René se charge de prospecter.

Hélène, Martine et Philippe vont se retrouver chez Martine (11 rue de Kernéac′h) le lundi 13 octobre pour rédiger un court texte que nous enverrons aux élus, aux partis politiques, aux syndicats et aux associations (et aux médecins?). Le texte sera présenté électroniquement aux participants pour approbation. Il devra être envoyé avant la prochaine réunion du collectif.

 

Prochaine réunion :

lundi 3 novembre 2014 à 18h à la maison des associations.

 

 

 

 

 

Publicité

Publié dans Vie de l'association

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
<br /> Jacques, j'ai lu intégralement le travail d'Hélène qui avait été distribué à l'ensemble des participants; je n'ai pas pu le joindre au compte rendu car je n'avais que la version papier. Ceci<br /> étant dit, je peux le scanner pour l'incorporer au CR.<br />
Répondre