culture et éducation populaire

Publié le par ababordtoute

Voici un compte rendu de notre dernière commission culture ABT auquel je me permettrai d'adjoindre quelques réflexions issues d'une formation du CIDEFE à laquelle j'ai assisté la semaine dernière sur le thème exposé en titre .

Compte rendu de la réunion ABT du 29 octobre

 

Constat : ABT intervient souvent en réactions à des déclarations ou des évènements ponctuels, il nous manque une démarche créative qui s'engagerait sur des actions différentes qualitativement, ce pourrait être le rôle de la commission "culture" d'être force de proposition en ce domaine.

Notre travail serait aussi de répondre à la question " quelle ambition culturelle pour la Ville de Concarneau ?

 

Nous commençons à échanger sur la comparaison à ce qui se passe dans les communes voisines de Concarneau (Fouesnant, Trégunc, La Forêt, Quimperlé etc...) en terme d'équipements culturels, cela n'est pas tout à fait à l'honneur de notre ville qui souffre d'un déficit en ce domaine.

D'autre part en ce qui concerne l'accès à la culture pour tous, c'est à dire sur la politique culturelle en tant que telle, nous ne pouvons que noter la frilosité de la ville à établir et à faire connaitre tout ce qui pourrait apparaitre comme social, ou socio-culturel. En effet, nous constatons qu'un tel engagement ne correspond en rien à l'image que la ville veut actuellement donner d'elle même, et cela  depuis de nombreuses années qui ont été consacrées à un développement touristique, immobilier, tape à l'oeil et malheureusement peu fécond en terme de développement et de service à la population. Nous notons aussi le déficit en terme de lieu de rencontre, de décision collective pour la collaboration culturelle entre tous les acteurs de la ville.

 

Que penser du label "Ville d'art et d'histoire" ? Nous pensons que cela peut être un atout pour promouvoir la visibilité de la culture populaire partout où elle existe, ou a existé, et pas seulement au sein des équipements culturels.

 

En qui concerne la vie associative à Concarneau, nous faisons le constat d'un véritable clash, dû à la non-reconnaissance, à  l'incompréhension entre les acteurs et la municipalité, à un manque de confiance et à une ignorance totale dans l'appréciation du travail accompli dans ce domaine. Comme si les municipalités successives avaient peur de la vie associative, du poids réel qu'elle représente pour l'expression des citoyens.

Nous notons quant à nous que la vie associative à Concarneau est un mode d'expression culturel vivace, et que l'investissement des citoyens par ce biais est capable de créer un mode spécifique de la Culture à Concarneau qui doit être encouragé, développé, pour la promotion du vivre ensemble et l'intérêt aux autres

 

Que pouvons nous faire ?

Il serait intéressant de trouver un moyen d'aller dans les quartiers pour créer une écoute et promouvoir une capacité d'expression sur les attentes réelles de la population. Comment ? Par le biais d'une plaquette, d'un questionnaire, d'une enquête de terrain ? à voir... En tout cas, ce que nous disons c'est qu'il faut s'intéresser à ce qu'aime le peuple et à ce qu'il attend... mais aussi à proposer à chacun des découvertes en matière culturelle qui vont au delà de ce que les gens connaissent déjà.

D'autre part, il est possible de s'inspirer des évènements culturels qui fédèrent les gens qui s'en occupent et portent ces projets à Concarneau ; cela peut il déboucher sur un projet politique commun ?

Ces évènements manifestent les attentes et aspirations d'une grande part de la population mais n'impactent pas de prolongements militants. Comment ABT peut il mobiliser ce même type d'énergie dans la perspective d'un projet  politique ?

 

La culture c'est l'expression de ce qu'on est soi même, de ce qu'on aime, de ce qu'on fait, de ce qu'on a envie de faire, la capacité à développer ce qu'on est capable de créer, pas seulement pour soi même, mais dans une capacité d'expression collective.

 

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COMPTE RENDU (succinct) de la FORMATION "CULTURE ET EDUCATION POPULAIRE" 

 

Il est probablement temps aujourd'hui de gommer la séparation établie au début des années 60 (à la création du ministère de la Culture occupé par André Malraux) entre Culture et éducation populaire. Actuellement la Culture est soutenue par le ministère et les grands établissements  territoriaux, l'éducation populaire est souvent le fait des associations, des structures de quartiers, des MJC, des petites villes. Les uns et les autres ne doivent pas s'opposer, mais travailler ensemble, sans hiérarchiser les productions, sans perdre l'idée du sens politique de cette action publique, d'où qu'elle vienne.

 

Les lieux de Culture : Si on perd précisément le sens politique de l'action culturelle, les lieux de Culture ne seront plus que des temples de la consommation, des prestataires de service ou des marchands ...

L'éducation populaire a également subi ce type d'érosion, par la perte de la démarche émancipatrice qui était son objectif de départ. La volonté politique d'accès des citoyens à l'expression s'est affaissé pour devenir la simple gestion d'espaces de loisirs organisés.

Ceci est du à l'évolution générale de la société vers toujours plus de libéralisme, et au déclin programmé du service public. Cette tendance vient de loin, même si beaucoup d'acteurs ne l'ont pas appréhendé avec assez de lucidité.

Mais on constate l'émergence de nouvelles attentes et de nouvelles pratiques qui s'exercent sous une forme différente de celle que les acteurs de l'éducation populaire ont connu dans les années antérieures.

Le besoin de reconnaissance des diversités culturelles, les agenda 21, les déclarations sur les droits culturels des personnes, le concept de démocratie participative, ou citoyenne,  viennent à point nommé pour redynamiser les projets et les envies. On sait maintenant qu'un projet ne peut faire sens que si ceux qui vivent sur le territoire participent à son élaboration, que si  la mise en oeuvre de ces projets fait appel à l'expertise d'usage des citoyens, remettant ainsi à l'honneur des pratiques culturelles autres que celles déclinées dans les espaces de la Culture Officielle.

 

Le rôle de l'Art dans la société : Considérer la pratique artistique comme un processus de transformation sociale inscrit dans une vision du monde.

 

Le rapport aux oeuvres : actions de sensibilisation, de production, de création, de diiffusion et d'accompagnement afin que l'artiste et l'oeuvre rencontrent leur public. Ceci ressort directement des politiques d'aides  publiques aux artistes et structures de diffusion

 

Perspective de transformation sociale : la politique culturelle développe de l'humain, de l'échange, pas seulement pour faire "joli", mais pour permettre un questionnement du sens. Quel rapport de l'Art au monde du travail ?Comment transformer les lieux "communs" en lieux d'Art ?

 

Faire avec le public, c'est à dire de l'Art pour et par les gens : transversalité, mise en réseau, confrontation d'expériences, apprentissage à faire ensemble, acceptation des différences d'expression. Il faut que les artistes aillent aussi vers les gens pour susciter ensuite l'envie pour le public d'aller vers les oeuvres.

 

Dans une perspective politique qui inclut ces trois axes de développement culturel, il devient évident que la dichotomie entre culture et éducation populaire n'a plus lieu d'être, et que cette unité est au contraire le garant d'un projet culturel global  pour chacun et pour tous.

 

Ceci , naturellement devant être complété par une politique des lieux qui doivent irriguer tous les territoires, une politique des moyens à fournir pour que cela soit viable, une politique du partage des pouvoirs et de la démocratisation des instances décisionnelles en la matière afin que remonte à tous les niveaux, l'expression des acteurs de terrain et des habitants concernés par ces politiques.

 

Les pratiques de l'éducation populaire et de la pratique artistique ( expérimentation, créativité, confrontation, co-construction) peuvent ensuite à leur tour irriguer la pratique et l'élaboration des projets politiques sous des formes novatrices, populaires et donc réellement culturelles, c'est à dire qu'elles deviennent l'expression vraie de la vie des citoyens, de leur imagination, de leur travail collectif, de leur désir, de leur problématique,  et non l'apange de ceux qui savent ou de ceux qui sont élus .

 

d.dieterlé

 

 

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Publié dans Vie de l'association

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