démocratie participative
voici le compte rendu enthousiaste de Marc qui s'est rendu au forum organisé par le CIDEFE à Aulnay... des réflexions à creuser et à poursuivre
COMPTE-RENDU du 5ème FORUM DE LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
Depuis deux ans les débats/échanges lors du Forum de la démocratie participative sont enregistrés et filmés. Ils font donc l'objet d'un compte-rendu très clair sous forme papier ou par voie "numérique". Ce CR devrait être mis à la disposition de tous dans quelques semaines sur le site : demospart.fr
Les infos qui suivent sont donc parcellaires. Elles sont le fruit de mes notes et aussi de mes réflexions personnelles au long de ce forum. Vous trouverez en fin de document toutes infos, adresses, noms que j'ai pu collecter. Charge à chacun d'approfondir. Puisque la participation ça commence .............. par MOI !!! Ben oui, cela ne peut être tout le temps la faute à Pierre, Paul ou Jacques (quoique j'aime bien ce qu'ils font).
J'ai donc participé à l'atelier N° 1 : Contribuer à l'intervention des citoyens et favoriser une démocratie plus directe
Environ 45 participants venus de toute la France et 3 animateurs ou témoins d'une participation qui fonctionne dans leur ville : Mathieu Charlionet (chargé de mission démocratie locale à St Etienne-du-Rouvray 76), Arielle Vermillet (maire-adjointe à Gennevilliers 92), Henri Cambassedes (Maire-adjoint à la participation à Martigues 13).
A Gennevilliers les Conseils de quartier (CQ) sont composés d'habitants volontaires et d'habitants tirés au sort sur liste électorale. Pour ces derniers ils ont été contactés au téléphone ou par une visite à domicile pour les informer de leur "sélection". Ils ont bien sur la possibilité de refuser. Pendant toute la durée du mandat ce sera toujours les mêmes personnes. Néanmoins ils peuvent décider de partir auquel cas d'autres seront choisis.
Pour qu'une vraie DP fonctionne il faut que la municipalité accorde à chaque CQ un réel budget participatif.
A Gennevilliers les montants pour chaque quartier sont de 70 000€ en investissement + 500€ ou plus par habitant.
Il faut savoir que tout prend du temps : penser les actions, les mettre en débats, en avoir les retours et enfin les réaliser en fonction du choix des habitants. Chaque projet est susceptible de modification jusqu'à l'accord final.
La résistance au changement est énorme et le temps est primordial !!!
Les services municipaux ne sont pas toujours d'accord car cela bouscule leurs habitudes de travail mais aussi leur mode de pensée. Ils sont détenteurs du "savoir" et ont bien souvent du mal, au début, à comprendre et accepter qu'un citoyen lambda puisse leur dicter ses desideratas. L'ensemble des services sont impliqués et doivent travailler ensemble. Cela ne peut fonctionner correctement si il y a une mauvaise communication, un manque de volonté ou un problème d'égo. Et c'est le rôle de l'élu d'arrondir les angles et d'expliquer que c'est le citoyen qui prime.
Étant en contact direct et fréquent de la population ils sont également un rôle de courroie de transmission à double sens. Ils doivent informer et questionner les citoyens et en retour transmettre les informations ou suggestions recueillies auprès des élus et des autres services.
Les élus également ont besoin d'être accompagnés dans cette démarche.
C'est une démarche et un travail de persuasion permanent et on ne peut se démobiliser ni compter ses heures.
Il faut sans arrêt tester l'efficacité des outils mis en place et être capable de les faire évoluer en fonction du contexte. Par exemple la méthode des "Post-it" pour tous les participants n'ayant pas ou peu l'habitude de prendre la parole. L'animateur du groupe de travail leur servant de relais.
Les citoyens, les élus et les services, à travers les CQ, la presse ou la communication municipale doivent être tenu informés en permanence des dossiers et de leur avancement. Si cela n'est pas fait il y a démotivation de tous.
Les citoyens ou leur Conseil de quartier ont un droit de saisine du conseil municipal. Celui-ci a l'obligation de répondre dans les 6 mois (parfois beaucoup plus court).
L'intérêt de cette démarche de DP est que l'on se rend compte que l'on peut influer sur des choix pris à des niveaux "supérieurs" de décision (par exemple sur la fermeture d'un hôpital, d'un bureau de poste, ....). Comme les citoyens se sentent impliqués et responsables ils appuient leurs élus.
Nathalie - Martigues (ville de 48 000 hab. et 23 CQ)
A la question "Comment construit-on ensemble ?" elle répond qu'il ne faut strictement rien cacher aux habitants. La transparence est la règle. Essayer aussi de comprendre pourquoi tels habitants ne viennent pas aux CQ ou s'en vont.
C'est un travail de terrain permanent auprès de la population mais aussi avec les agents des services de la commune. A Martigues les agents sont allés vers les habitants. Expérimenter - Evaluer - Evoluer - Informer !!! Le conflit est toujours constructif. Il faut être dans le Aller vers ... et dans toutes les directions. L'élu doit être un impulseur (de projet) et non un directeur.
Il faut un réel projet de DP. C'est moins une question de moyen que de volonté politique !
Il y a une loi portant obligation aux villes de + de 80 000 hab. de mettre en place des conseils de quartier.
Il faut étendre cette loi et ses principes à toutes les communes sans distinction de taille. Chaque citoyen de ce pays doit avoir le droit (à terme le DEVOIR ?) de donner son avis et d'influer sur les choix (économiques, urbanistiques, sociaux, environnementaux, ...) de sa commune.
Dans la commune de Grigny (69) 60 à 65 % du budget municipal ( je pense qu'il s'agit du budget investissement et non fonctionnement NDLR) est voté par les habitants. Énormenon ??? et donc le signe que les citoyens peuvent reprendre le contrôle des choix et des décisions de leurs élus concernant la vie de leur commune !!! Et revenir sur l'idée qu'ils ne savent rien ou pas grand chose et qu'il faut déléguer à "ceux qui savent".
Nous avons eu l'intervention de Madame l'ambassadeur d'Islande qui nous a expliqué par le menu comment avait eu lieu la rédaction de la nouvelle constitution d'Islande (contexte économique, refus des Islandais de rembourser les emprunts des banques privées auprès des banques Britanniques et Néerlandaises principalement. Désignation/élection des citoyens en charge de rédiger la nouvelle constitution. Cette "expérience" nous montre que quand le peuple s'en mêle les choses bougent ... dans son sens !!! Et que les dominants ne disposent que de notre apathie pour perpétuer leur domination économique, politique, sociale, sociétale ...
ASSEMBLEE GENERALE DES ADHERANTS DU RESEAU DE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
Samedi matin et animé par le directeur du CIDEFE.
Ce réseau a été crée lors du Forum d'Alonnes et fonctionne avec une coprésidence.
Les communes en faisant partie : Divion, Alonnes, Malakoff, Aulnay-sous-Bois, Firminy, Martigues, Mitry-Mory, Gennevilliers, Portes-Lès-Valences, Valenton, Morsang-sur-Orge ...
C'est un outil à disposition de tous ceux qui veulent s'engager dans la démarche participative quelque soit leur bord politique. Même s'il est vrai que ce sont principalement des villes de gauche qui ont mis en place cette pratique on trouve également des villes de droite ou du centre qui en font partie ou qui manifeste leur intérêt.
C'est une plate forme collaborative qui a la culture de l'ouverture. Nous devons être très vigilant vis-à-vis des contributeurs qui parfois restent sans réponse ou sans nouvelles. Nous devons veiller à répondre systématiquement à tous les contributeurs quels qu'ils soient.
La Fédération des centres sociaux est au cœur de cette démarche.
Voir le site de la Fondation Nicolas Hulot (hé oui) qui relate les expériences de Démocratie participative en Europe.
Sur la notion de tirage au sort une question se pose : Est-ce une pratique anti-démocratique ou bien est-ce la base même de la démocratie ? Quelque soit la réponse cette pratique n'est jamais un échec chaque fois qu'elle est mise en place ! C'est à nous de créer les conditions de sa réussite. Y croire et ne jamais rien lâcher.
Pourquoi cela serait-il possible en Bolivie ou en Islande et pas en France ???
Un document nous est remis : "Écrivons ensemble une loi de développement et de promotion de la démocratie participative". C'est un document d'étape que nous avons tous la possibilité d'incrémenter en apportant nos idées et suggestions.
Arielle : C'est un document à porter devant tout le monde : citoyens, élus (municipaux, parlementaires, ...), collectivités, territoires, services, ...
Henri : Effectivement nous vivons un moment particulier. Des élections se profilent et un travail parlementaire est en cours concernant la décentralisation et les nouvelles compétences des territoires.
Le travail parlementaire actuel sur la réforme territoriale doit être l'occasion de faire valoir nos aspirations, nos convictions. Attention, la démocratie ne se résume pas au jour de l'élection. C'est tout les jours qu'elle doit (devrait) se pratiquer ! Nous vivons une période innovante et réjouissante.
Question : Pourquoi ne ferions-nous pas une pétition nationale pour appuyer cette volonté qu'il existe un texte de loi régissant la participation effective et reconnue des citoyens aux choix de la collectivités ? Et/ou adresser nos réflexions et propositions à l'ensemble des groupes parlementaires.
Intervenant salle : On pourrait peut-être créer un annuaire de tous les participants et contacts du réseau ?
Christiane d'Aulnay est heureuse de voir que beaucoup de femmes sont présentes. En effet les femmes rencontrent souvent de nombreuses difficultés sociales ce qui rend compliqué leur participation à ce genre d'activités tels les conseils de quartier. Il nous faut réfléchir et organiser les temps et les lieux des débats en conséquence afin de favoriser leur participation. Nous devons mettre la forme au service du contenu.
Une piste à réfléchir et revendiquer serait de baisser les seuils pour la mise en place de Référendum d'initiatives partagées. En France il faut réunir 4,5 millions de signatures pour engager un tel processus alors qu'en Italie et en Suisse 500 000 et 100 000 signatures suffisent respectivement.
La culture et sa pratique : Sommes-nous au taquet de nos possibilités comme l'affirment certains organismes tels la DRAC ou le Ministère de la culture ? Comment la mettre au service de l'ensemble de la population ?
Communiquer en direction de l'Association des Maires de France et également auprès des associations étudiantes en Droit.
La dimension associative est une question prégnante de la démocratie participative. Même si elle ne peut pas tout résoudre elle est un secteur incontournable. Il y a convergence de vues sur les questions d'une citoyenneté en danger !
Le monde associatif doit être aussi partie prenante dans la remise en cause de la démocratie. Il faut mobiliser le monde associatif qui est totalement en phase dans tous les domaines avec les habitants. Il ne doit pas avoir un rôle de prestataire ou délégataire des missions de service public. D'autant que le libéralisme tous azimuts qui ampute régulièrement leur budget de fonctionnement donc leurs actions fait peser une grave menace sur leur existence. Il y a actuellement un très haut risque de perte d'emplois qui a déjà commencé et qui ira en s'accélérant dans les mois et années à venir.
Le secteur associatif connaît lui aussi une grande souffrance des personnels et des militants. Les associations vivent la même logique marchande que les Services publics.
Question de la professionnalisation des associations. Les têtes de réseau sont certes dépendantes des subsides de l’État mais elles ont parfois un comportement anormal dans la redistribution des subventions. En effet il leur arrive de capter une partie des subsides à leur "profit" pour une question de visibilité, de survivance de leurs structures et de leurs salariés. Et peut-être de l’ego de leur dirigeants ? Question de reconnaissance sociale !
Multiplier les pique-nique citoyens.
Il existe une multitude de réseaux. Il doit y avoir un feed-back permanent entre le réseau associatif et le réseau participatif. Les associations aussi doivent porter ce projet.
Réflexion sur la dynamique démocratique. Penser également que certains camarades sont fatigués nous devons donc réfléchir au passage du témoin.
Fin des débats : Cette année nous étions 300 participants (plus que l'an passé. Ce qui veut dire que cette notion de DP gagne du terrain dans les esprits). Le Maire de Martigues promet de nous accueillir avec le même dynamisme que celui qu'il a rencontré à ce 5ème Forum. Et déclare avoir la volonté de faire reculer l'indifférence et le renoncement des citoyens qui deviennent des infirmes sociaux.
Au sommaire du prochain forum à Martigues :
- La question des jeunes
- La question de l'intercommunalité
- Les pratiques de DP peuvent-elles y prendre toute leur place ?
Le compte-rendu de ce 5ème Forum sera disponible dans les prochaines semaines et téléchargeable.
La troupe Arc-en-ciel pour finir nous fait une démonstration de "Théâtre forum". Quelques scénettes sont jouées et il est proposé au "spectateurs" d'intervenir pour faire évoluer le texte des acteurs. Dès lors l'intervenant doit monter sur scène et prendre la place d'un acteur et tenter de faire évoluer le discours originel. C'est un outil-théâtre au service de la démocratie participative.
Pour clore définitivement le forum au théâtre J. Prévert une fanfare entre et nous joue une composition spéciale Participation. Et là, je dois avouer, je pleure. En effet ces deux jours m'ont enthousiasmé. Réaliser que le monde dont on rêve et pour lequel on se bat est possible !!! La bulle de la désespérance vient d'éclater, l'optimisme et l'espoir reprennent le dessus. Il parait que c'est ça la vie d'un militant. Y CROIRE ET NE JAMAIS LÂCHER L'AFFAIRE !!!
J'ai beaucoup discuté et fais de chouette rencontres.
Mes impressions :
Tous d'abord nous devons remercier l'équipe du CIDEFE qui nous a généreusement prêté 15 affiches-Expo sur la Démocratie participative (et particulièrement Delphine et Yves). Ces affiches valent très cher (800€ pour les collectivités et de 400 à 500€ pour d'autres structures). Leur faisant part de notre manque de moyens financiers nous avons convenu de réfléchir à une forme de prêt-location qui reste à définir.
Au sortir du Forum sur le chemin qui me mène à la gare de RER je m'attable à la terrasse d'un café (et oui on ne se refait pas !) et je me mets à écrire sans discontinuer pendant une heure (et 3 bières).
Je vous livre ça brut sans réécriture à posteriori :
" Je sors à l'instant du 5ème Forum de la démocratie participative et j'ai des bulles plein la tête. C'était beau, c'était grand ... de voir, d'assister à tous ces échanges, de partager avec d'autres, d'être à l'écoute de leurs propres expériences de terrain. J'en reviens avec plein d'idées. J'ai compris que ce sera long, je sais que ce sera difficile mais que c'est possible, que ça MAAAARCHE (comme dirait la pub). Je ne sais si (ou quand ?) cet enthousiasme retombera. Mais je sais que notre espérance (voire notre foi) en un monde nouveau tourné vers l'humain fait par et pour lui n'est pas vaine, n'est pas inutile. Pour reprendre Churchill, "Il y aura du sang, de la sueur et des larmes". Bien sur cette tâche de devoir "user le soleil" nous semble irréaliste tant la route est longue, périlleuse et mortelle parfois.
Quand je réalise que je suis parmi les plus "jeunes" et que la tâche m'incombe désormais j'ai envie de crier GLOIRE AUX ANCIENS !!!
Chers amis, cher camarades, chers frères humains au sortir de ce forum je vous envie et je vous admire. De l'admiration oui car depuis toutes ces années, toutes ces décennies vous n'avez pas lâché l'affaire. "On ne lâche rien !" : vous en avez vécu la pratique jours après jours avant même que ce slogan n'émerge voire devienne tendance. De l'envie encore à imaginer certes toutes ces déceptions, ces frustrations, cette fatigue quand on se sent si seul. Mais surtout toutes ces montées d'adrénaline, d'endorphine en d'autres termes tous ces moments d'espoir, toutes ces bouffées d'optimisme, tous ces instants où on y croit et où le cœur bondi. Ces moments où à un million dans les rues vous avez eu la certitude qu'ensemble on peut tout changer. Et je me dis que je n'ai pas votre force de conviction, votre pugnacité et votre refus d'être dans le renoncement. Mais je sais que la vie d'un militant est fondée sur l'optimisme et la certitude qu'un monde meilleur est possible si on s'y met tous.
Alors oui je dis GLOIRE AUX ANCIENS et je vous remercie.
Marc LAUNAY
LES ADRESSES UTILES
- www.demospart.fr (qui regroupe 62 collectivités, 12 mairies, des milliers de citoyens et quelques millions de protozoaires à qui on ne demande pas leur avis (vu que, ben, le Protozoaire, ben, on le parle pas bien). On y trouve plein d'infos, d'adresses et d'aide. La réponse est assurée puisque le maître mot est FEED-BACK. Il a été convenu que tout intervenant, contributeur ne saurait rester sans réponse. NO RESPONSE = DEMOBILIZAZIONE !!!
Donc, allez-y : consultez, questionnez, réagissez. Le partage et l'expérimentation feront avancer la cause !
- A trouver : Ecrits et documentaire de Gilles Prado sur "le budget ... participatif"
- Trouver : le film "La dette".
- La coopératives des ..?.. municipales.
- Atout citoyen
- Voir le dossier sur la mobilisation dans POLITIS
- www.associations-citoyennes.net
- Cartes CUCS ???
- Consulter le site de Hervé Kempf qui a quitté Le Monde et rejoint l'équipe de Mediapart : Repor'terre
- Aller sur les TV locales des villes : Aubagne, Aulnay, Grigny, ...) pour constater les pratiques de DP (et accessoirement nous doter d'outils !).
- S'informer : "Derrière les lignes du Front" (livre et film)