La politique des alliances, ou la démocratie solidaire ?

Publié le par ababordtoute

L'action politique, telle qu'elle est conçue la plupart du temps, c'est à dire sans tenir compte d'une vraie alternative qui serait la confiance dans le dialogue direct avec les citoyens, est possible à partir du moment où une majorité s'est dégagée. Cette majorité est elle-même fonction des rapports de force entre formations politiques. Ces rapports de force dépendent eux-mêmes des alliances, fussent-elles de circonstance, entre partis. Or ces alliances se fondent sur des habitudes anciennes davantage que sur des accords pour des participations possibles à des chantiers communs.
Si l'on regarde du côté des partis traditionnels de la « gauche classique », dite « gauche de gouvernement », le PS s'adressera naturellement à ses alliés « de toujours », le PC, et à ses alliés plus récents mais qui ont participé à cette « gauche de gouvernement », les Verts, ou actuellement, avant redéploiement possible, EELV.

 

Si l'on cessait de raisonner ainsi, si l'on partait d'une écoute des besoins, et des envies de la population, et si l'on projetait, à partir de ces besoins et envies, des chantiers à construire ensemble ? Bien sûr, une question brûle les lèvres, c'est qui ce « on » ? Puisque l'on ne parle plus des partis et de leurs fâcheuses habitudes qui ont toujours mené dans le mur... Et c'est qui ce « ensemble » ? Puisque ce « on » construirait quelque chose avec d'autres, « ensemble ». Et puis, comment éviter que des « infiltrés » de courants de pensée opposés à la démocratie telle que défendue par les partisans des services publics et de la solidarité ne se mêlent aux autres pour défendre leurs idées contraires ? Doit-on définir des « valeurs » ?

 

Tout le monde, ou presque, se dit « démocrate ». Mais il existe dans les faits une « démocratie solidaire », qui a la solidarité chevillée au corps. La solidarité passe par une conception de la société dans laquelle les services publics sont largement déployés, et dans laquelle la population est associée à la définition des modalités du « vivre ensemble ». Alors la question de ce « on » qui écoute puis qui agit ne se pose plus de la même manière. Dans cette population sollicitée pour parler de ses besoins en termes de « vivre ensemble », certains seront plus disponibles que d'autres, et auront davantage envie de participer à la mise en place des chantiers esquissés. Et ceux-là, associés à ceux qui auront pris l'initiative de lancer ces « assises locales de la vie communale », pourront constituer une liste pour les municipales.
Alors, la question des partis politiques et de leurs alliances ne se pose plus de la même manière, ou même, ne se pose plus, dans un cadre communal. Ce qui importe, c'est la volonté de mettre en œuvre les conditions de la rencontre avec les habitants, autour des valeurs de solidarité, d'écoute et de respect.
C'est en quelque sorte le défi que lance, encore une fois, l'association « A Bâbord Toute ».

 

Jacques Ménochet

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R
Un tel défi utopique, parfois ça ne fonctionne pas, comme la Commune, Kronstadt ou Mai 68, et parfois ça fonctionne comme Plogoff, le Larzac et prochainement Notre-Dame des Landes ...<br /> Mais qui ne tente rien, n'a rien.<br /> Roland
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C
En plus et mieux développé par rapport à mon commentaire relatif à l'article du "Télégramme" sur notre AG, je suis également dans la même approche. Merci de l'écrire si bien.
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