le 13 juin 2010 Quelques enjeux autour du wimax

Publié le par ababordtoute

Il peut sembler surréaliste de parler de l'internet, alors que bien des personnes n'y ont pas accès et ne s'en soucient pas. Cependant, analysons ce qui se passe, et nous constaterons que tous les citoyens sont concernés par des décisions prises par des responsables politiques.

 

La décision du conseil général

Comme dans bien des départements, le conseil général, pour satisfaire les demandes pressantes de citoyens qui vivent mal l'accès inégalitaire, selon les régions, à l'internet à haut débit, a décidé de doter tout le territoire de ce mode de télécommunication, dont, paraît-il, dépendent les installations potentielles de particuliers et d'entreprises sur le territoire départemental. L'accès à ce haut débit est déjà efficient sur une grande partie du département, par voie filaire, c'est à dire par le canal des branchements du téléphone. Mais, plus on est éloigné des centraux téléphoniques, moins on peut disposer du haut débit. A Concarneau, par exemple, le centre ville reçoit parfaitement le haut débit, mais pas les quartiers périphériques (le Cabellou, Beuzec, etc...)

 

Le choix de la technologie

Plusieurs technologies pouvant offrir un tel accès, le conseil général a étudié les diverses possibilités. Il a été séduit par l'entreprise Axione, qui s'est révélée être la moins chère, en proposant principalement la technologie wimax. C'est une technologie par voie hertzienne, comme le wifi, qui se base sur l'implantation d'antennes-relais, qui émettent des ondes électromagnétiques nocives, qui s'ajoutent aux ondes déjà émises par les antennes de téléphones portables, et sur des antennes implantées sur chaque maison branchée au réseau, antennes individuelles extérieures qui reçoivent et émettent des ondes.

Nous baignons déjà dans des champs électromagnétiques qui incommodent certaines personnes à coup sûr (voir, entre autres exemples alarmants, le cas de St Pol de Léon, où, dans un rayon de 300 mètres autour de certaines antennes, des cas de maladies très graves avaient été décelées; d'autres cas, plus proches, sans doute provoqués par des antennes posées sur l'hôpital du Porzou, et à la pointe de Trévignon), et sans doute plus sournoisement d'autres personnes dont les symptômes se déclareront plus tard... Bref, ajouter des ondes, plus nocives encore, d'après toutes les personnes qui suivent ces phénomènes, c'est exposer de plus en plus de monde à des problèmes de plus en plus graves.

 

Les raisons de ce choix

Le choix du conseil général a été avant tout économique : prendre la solution la moins chère, alors que, aux dires mêmes d'un représentant de ce conseil général rencontré lors d'un conseil de quartier, les conseillers généraux n'y connaissent rien et ont été séduits par le vendeur d'Axione. Lors du conseil de quartier du Cabellou-Douric, le vendeur d'Axione a lui aussi fait un tabac : le public réclamait son ADSL à haut débit, et ne voulait pas entendre parler de risques potentiels.

Il faut savoir que, alors que l'investissement est important (11 millions d'€), le contrat avec Axione ne serait valable que sur 5 à 6 ans, une autre technologie étant disponible à ce moment-là (la fibre optique pour tous).

 

Une technologie alternative disponible maintenant

Actuellement, il existe une alternative au wimax, c'est le recours à des relais, à mettre en place par France Telecom, qui permettent aux zones éloignées des centraux téléphoniques de bénéficier du haut débit par voie filaire, il s'agit des NRA-ZO

 

Questions :

  • au nom de quoi la priorité est-elle donnée à cette utilisation de l'argent public, au détriment d'autres budgets ?

  • Peut-on brader la santé et l'environnement pour des bénéfices provisoires et partiels concernant des technologies qui ne doivent pas supplanter l'humain ?

    (ces antennes affecteraient une grande partie de la population pour le bénéfice d'une minorité de foyers peu équipés actuellement en ADSL)

  • Comment se prennent ces types de décisions ? Ne devrait-on pas informer la population lors de débats contradictoires, et lui proposer un referendum ensuite ?

  • Les opérateurs ne doivent-ils pas financer leurs réseaux eux-mêmes ?

  • Ne devrait-on pas exiger que France Telecom dote tout le territoire des structures nécessaires à la réception du haut débit (les NRA-ZO), comme ce fut le cas pour la mise en place des communications téléphoniques partout ?

Les décisions des politiques :

  • Tous les départements n'ont pas fait le choix du wimax. Tout près de chez nous, le Morbihan a décidé, avec la participation de France Telecom, de pourvoir les zones « blanches » (mal desservies) de NRA-ZO.

  • Dans les départements, c'est aux communes de donner leur accord. Certaines communes du Finistère ont refusé l'implantation d'antennes sur leur territoire.

  • A Concarneau, l'adjoint aux technologies nouvelles, quoique reconnaissant le développement excessif des champs électromagnétiques et leur nocivité probable, a décidé que ces antennes seraient implantées, respectant en cela, dit-il, ses promesses de campagne.

En quoi les citoyens sont-ils concernés ?

  • la pollution du champ électromagnétique affecte tous les citoyens, amateurs ou non de l'internet

  • les décisions qui touchent à un environnement qui est un « bien commun » ne peuvent pas être prises par les seuls politiques, au nom de données économiques, ou au nom de promesses de campagne

  • il faut se réapproprier l'espace environnemental, et en tout cas en discuter en ayant toutes les données

  • or, les seules données techniques (les mesures effectives des ondes) sont diffusées par les vendeurs, et les opposants ne peuvent que conjecturer et mesurer par eux-mêmes après l'implantation d'antennes

  • les normes françaises sont 100 fois plus tolérantes que les normes européennes, ce qui laisse de la marge aux pollueurs, malgré les avis de l'AFSSET, agence française de sécurité sanitaire de l'environnement, qui demande aux départements de limiter le développement de ces ondes EM

Que faire concrètement ?

  • Il faut informer au maximum la population, en lui exposant le mode de décision qui n'est pas démocratique, la mauvaise utilisation des fonds publics, et les retombées nocives sur la santé et l'environnement

  • Il existe une association, Vigilance 29, qui regroupe toutes les petites associations locales de défense de l'environnement, et qui a décidé d'interpeller les élus et la population sur ce sujet précis. Il faudrait organiser en liaison avec eux un débat contradictoire, et proposer aux élus d'avoir recours à un referendum populaire.

  • Le fatalisme n'est jamais une solution, les décisions relèvent d'hommes et de femmes qui doivent les prendre au nom du bien-être collectif. Si la population ne se reconnaît pas dans leur conception de ce bien-être collectif, ils doivent l'écouter et rendre des comptes.

  • Il s'agit d'un enjeu de démocratie et de santé publique

Jacques
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