ordures et Père Noël
... c'est peut être le denier post de l'année... encore que l'actualité ne nous laisse guère en répit
Aujourd'hui, on va parler des ordures (... ménagères faut il le préciser!) sujet de débat houleux au dernier Conseil de CCA (18 décembre)
L'article de Ouest France ci dessous mérite une lecture attentive, tant les propos tenus ou rapportés peuvent faire polémique !
On y lira que Claude Drouglazet a, fort justement, refusé l'augmentation de la Taxe des ordures ménagères (TOEM), qu'il a ensuite été remis en place pour avoir noté que la qualité du service se dégradait (ce qui ne mettait évidemment pas en cause les personnels, mais la moindre fréquence et les efforts demandés par ailleurs aux citoyens), qu'il s'est fait taclé vertement pour avoir émis un avis critique, ou tout au moins interrogatif, sur l'usine d'incinération, et que pour finir M. Besombes propose tout simplement de diminuer encore la qualité du service pour rester dans les clous financiers !!!
Sur ce sujet je m'autorise à faire "tribune libre" pour exprimer mon étonnement : j'ai passé 6 années à CCA durant lesquelles j'ai refusé de voter les budgets à cause des augmentations successives de la TOM. A cette époque tout le monde dans cette Assemblée votait les budgets comme un seul homme, notamment sous l'égide du président et des vices présidents (donc maires) PS qui étaient les instigateurs de ces augmentations. Plus encore, il fallait, d'après eux, que le sercice de ramassage des ordures soit géré par un budget annexe, donc autonome, donc obligatoirement en équilibre, donc autofinancé par la seule redevance des citoyens. Ce contre quoi je me suis toujours élévée.
Quelle n'est pas donc pas ma surprise de voir sous la photo de l'article cité, que M.Loussouarn reprend à l'identique une argumentation que j'ai utilisée, en vain, pendant 6 années. Parce que CCA est passée à une majorité de droite, les mêmes positions ne feraient tout à coup plus recette ? affligeant ! Mais comme c'est Noël, alleluia, réjouissons nous de cette tardive conversion !
Philippe Laporte nous envoie par ailleurs un communiqué (qu'on lira également ci dessous et qu'il publie en son nom), dans lequel il pose le problème de l'usine d'incinération. Les élus ne sont pas des techniciens mais il leur appartient, s'ils se considèrent comme des politiques, c'est à dire responsables de la chose publique, de poser des questions, d'envisager des hypothèses nouvelles. Ils ne méritent pas pour autant de se faire renvoyer aux 15m par une technocratie qui tient lieu de politique, comme Claude l'a été.
Quant à la réaction de M.Besombes, je reste encore plus abasourdie de cette dérive absolue vers le libéralisme le plus échevelé.
Ceux qui, comme moi, ont vu le film BRADDOCK au cinéma en novembre, lequel nous montre une Amérique profonde en proie au plus total délabrement causé par la perte de tous les services publics, ne peuvent qu'être très inquiets de ce que nous préparent nos édiles de tous bords dans l'avenir... Là bas on ne ramasse plus du tout les ordures, ce sont les gamins du quartier qui le font. Edifiant !
(si cela vous intéresse, il y a une petite chronique que j'avais écrite sur ce sujet - cliquer sur ce lien: Braddock)
allez, bon Père Noël !
Dominique Dieterlé
article du Ouest France 19 décembre
communiqué envoyé par Philippe
La gestion des déchets a tenu une place importante lors du dernier conseil communautaire.
Et cela avec raison. En effet, alors que la qualité de service baisse d′année en année (fréquence des collectes, containers collectifs au bout de la rue, containers nettoyés moins souvent, peu de containers à sac de tri) la Taxe d′ Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) subit une hausse continuelle et substantielle dans le même temps.
Lors du choix malheureux du tout incinération ainsi que lors de la réflexion sur la mise aux normes ou non de l′usine pour la poursuite de son activité, des voix écologistes s′étaient déjà élevées pour prédire cette hausse continue du coût de traitement à la tonne et pour signaler la nécessité d′étudier des solutions alternatives.
Ce renchérissement du service de traitement des ordures ménagères a eu pour corollaire la nécessité pour l′exploitant (le Sicom puis le Valcor) de maximiser le volume de déchets incinérés pour écraser les coûts fixes de fonctionnement de l′ unité. Or dans le même temps la mise en place du tri des emballages, l’ouverture des déchèteries a limité la progression initialement prévue de la production de déchets. On a vu alors une véritable politique commerciale s′installer pour inciter les collectivités voisines à brûler leurs ordures ménagères à Beuzec Conq. Ainsi actuellement, à grand renfort de milliers de kilomètres poids-lourds, l′usine de Concarneau avale tous les déchets incinérables du Sud Cornouaille (près de 60 000 tonnes/années).
Pour ajouter au bilan CO2 catastrophique de ce type de gestion des déchets, on envoie une partie des mâchefers (6014 tonnes chiffres 2011) et la totalité (1752 tonnes) des REFIOM (résidus de filtrage des fumées d′incinération des ordures ménagère hautement toxiques) soit près de 8000 tonnes à Laval !
Cette faim insatiable de déchets de l′usine d′incinération a un autre inconvénient :
la tarification incitative pour les ordures ménagères, étudiées actuellement par la CCA, a pour but de diminuer le tonnage collecté. C’est en contradiction avec la nécessité de nourrir le mastodonte de Beuzec. Cette nécessité a également empêché jusqu’à maintenant la valorisation de la matière organique. Pourtant des solutions existent : tri des fermentescibles pour compostage ou méthanisation.
L’objectif (louable) de réduction de la production de déchets oblige maintenant à limiter la capacité de l’usine, à modifier le process (pyrolyse) ou à réfléchir à un autre mode de traitement du déchet « ultime » si l’on veut en parallèle une réduction des coûts.
Ainsi, liés par les choix faits, nous voilà condamnés à ne pas nous conformer aux prescriptions du Grenelle de l′Environnement et aux remarques de la Cour Régionale des Comptes en 2010.
Nous ne demandons pas la fermeture à court terme de l′usine mais que des études soient lancées pour que, le jour où la vétusté ou une nouvelle mise aux normes de l′usine obligera à un nouveau choix, nous ne soyons pas, comme la dernière fois, contraints à la fuite en avant dans cette filière.
Rappelons que gouverner nécessite de ne pas garder la tête dans le guidon en continuant à se fier aux techniques du passé mais au contraire nécessite de se hausser sur la pointe des pieds pour apercevoir un avenir durable.
