25 octobre - Chateaubriant
Après les explications embrouillées de Maggy Baquet ( déléguée du CM aux célébrations patriotiques !!!) sur le refus de faire jouer "le chant des partisans" à la cérémonie en l'honneur des fusillés de Chateaubriant à Concarneau ce vendredi, et le revirement sur cette question devant l'indignation causée, voici le texte du discours prononcé par Christian Colimard à cette même célébration :
Il y a 69ans, à cette heure, les 27 otages de Châteaubriant, dont Pierre Guéguin et Marc Bourhis, venaient d'être assassinés. Assassinés, victimes de la barbarie nazie et de l'indignité du pouvoir Pétainiste qui les livra aux poteaux d'exécution.
L'évocation, en ces termes, de cette tragédie, invite à s'instruire de ce qui en fut la trame historique.
Celle ci nous révèle le sens et les raisons du massacre commis : Il s'agissait de briser toute velléité de résistance au fascisme, au nazisme, notamment de résistance populaire qui , d'attentats en sabotages, se développait.
C'est en Juillet 1941 que Pierre Gueguin ainsi que Marc Bourhis sont arrêtés par l'état Français de Vichy, et internés en tant qu'individus politiquement dangereux. Ceci, pour Pierre Guéguin, après avoir été déchu de tous ses mandats électoraux en tant qu'élu communiste, sous le gouvernement Daladier en Février 1940, et révoqué de l'éducation nationale en octobre de la même année.
Ce parcours de Pierre Guéguin, comme son "Vive la France" clamé avant que les balles ne le fasse taire, en disent long sur les fondements du dévouement à la chose publique démocratique, et humaine qu'il incarnait... qu'il incarnait comme ses compagnons otages, et, au delà, comme tous ceux, anonymes, qui refusèrent de se soumettre, de se résigner à l'avilissement, à l'oppression, à la xénophobie...
Cela a un nom : RESISTANCE, et c'est ce que nous honorons par cette brève cérémonie.
Résistant, Partisan, au delà des qualificatifs, c'est ce courage face à l'occupant et au pouvoir national de l'époque à sa botte, souillure de notre histoire, que nous célébrons.
Ce que nous célébrons à travers eux, ce sont les valeurs et les acquits des interventions de résistance populaire: les valeurs de fraternité, de solidarité, de paix.
Certaines tentations de taire ces dimensions par des artifices de protocole ne seraient rien d'autre que la volonté d'outrager cette mémoire. Ce serait une dérive qu'il nous appartient, citoyens et puissance publique, de ne pas subir.
Célébrer et honorer comme il se doit cette mémoire dépasse le rituel: c'est la mettre en relation avec le présent qui n'est pas sans taches dans lesquelles nous devons nous garder de sombrer
C'est le message du Comité du souvenir Châteaubriant de Concarneau.